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1933‑1945 : Le KPD dans la lutte contre la dictature national-socialiste
1923‑1932 : Réaction et contre-attaque

 

 

De 1923 à 1932: Le SPD s'efforce de maintenir jusqu'au bout une politique de coalition avec les autres partis bourgeois. Le KPD, en 1923 entreprend une tentative d'insurrection dans le but de renverser le pouvoir de la bourgeoisie; il échoue. La prétention du SPD de rester le parti dominant sur l'échiquier parlementaire est progressivement contrariée par les modifications qui s'opèrent parmi les forces politiques en présence. Pour rester fidèle à son rôle de soutien à la bourgeoisie, la social-démocratie s'engage à partir de 1930 dans une attitude d'accompagnement de la transition vers un régime de plus en plus ouvertement dictatorial, s'acheminant vers l'association du NSDAP au gouvernement.

 

 

 

 

 

 

Écrit: janvier 2013

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1933 1945: Le KPD dans la lutte contre la dictature national-socialiste - Sommaire

 

 

 

 

 

 

Coalition gouvernementale: scénario par intermittence

1922‑1923: Persistance des clivages au sein du KPD

"Gouvernements ouvriers" et actions insurrectionnelles

Hambourg

Les gouvernements bourgeois imposent leur "normalisation"

KPD: luttes d'orientation

Le KPD cible du SPD

Brüning - Papen - Schleicher - Hitler

 

Coalition gouvernementale: scénario par intermittence

Depuis la constitution, le 13 février 1919, du gouvernement dirigé par Philippe Scheidemann (SPD) qui avait pris la relève du Conseil des mandatés du peuple, le SPD maintient une politique de coalition avec la droite. Seul le gouvernement dirigé par Konstantin Fehrenbach en place de juin 1920 à mai 1921 faisait exception.

Face aux menaces du gouvernement français d'occuper la région de la Ruhr en rapport avec le litige touchant à la question des réparations, le capital monopoliste allemand vise au renforcement de son influence sur la politique, par une participation plus large du Parti populaire allemand (Deutsche Volkspartei, DVP) au gouvernement. Puisque la direction du SPD, pour des raisons tactiques et malgré la résolution en faveur d'une coalition, prise au congrès de Görlitz en septembre 1921[1], ne peut pas d'emblée adhérer à une telle perspective, le gouvernement Joseph Wirth (Parti du centre ‑ Zentrumspartei) démissionne le 14 novembre 1922. Le 22 novembre, est constitué un nouveau gouvernement avec Wilhelm Cuno, directeur général de la compagnie de navigation la plus importante d'Allemagne, la Hapag (Hamburg-Amerika-Linie), en tant que nouveau chancelier. Le SPD ne participe pas au gouvernement; mais sa direction dans son ensemble le tolère.

Fin 1922 le gouvernement de W. Cuno fait trainer les livraisons venues à échéance à titre de réparations, et se conforme en cela aux intentions provocatrices de Hugo Stinnes et August Thyssen, représentants du capital de l'industrie lourde. Le 11 janvier 1923 des troupes françaises et belges entrent dans la région de la Ruhr. Le gouvernement réagit par la politique de la "résistance passive". [Chronologie   ] Il ordonne la cessation de toutes les contributions à titre de réparations, à la France et la Belgique, et appelle les ouvriers, employés et fonctionnaires à ne pas suivre les ordres des puissances d'occupation. L'état de siège renforcé est déclaré dans la région de la Ruhr.

Globalement la direction du SPD consent à une politique de trêve avec la grande bourgeoisie, néanmoins la question fait surgir quelques dissensions au sein du groupe à l'assemblée nationale[2]. Lors du vote à l'assemblée nationale du 13  janvier 1923, Hermann Müller et Otto Wels, les deux présidents du parti, approuvent du point de vue de principe les intentions du gouvernement. Cependant, le 26, Rudolf Breitscheid, un des présidents du groupe, déclare[3]: "Nous nous gardons de laisser resurgir de nouveau d'une manière quelconque l'idée de la trêve, car trêve ne signifie rien d'autre que silence d'église." D'ailleurs, tout en prenant cette précaution de pure forme, il laisse apparaitre implicitement la proximité des positions de la social-démocratie par rapport aux partis bourgeois puisqu'en s'adressant à ceux-ci il indique: "Nous ne savons pas si nos objectifs ultimes dans cette riposte sont les mêmes que les vôtres". Le comité directeur de la Confédération syndicale générale allemande (Allgemeiner deutscher Gewerkschaftsbund, ADGB), dans un appel en commun avec les unions patronales, lance une grande collecte ‑ l'“aide à la Ruhr“ (“Ruhrhilfe”); mais la réalisation pratique échoue à cause de réticences considérables de la part des organisations syndicales locales. [Chronologie ]

Cependant les forces situées le plus à droite, au sein du SPD, ne se contentent pas de simplement tolérer le gouvernement de W. Cuno. Carl Severing demande la constitution d'un gouvernement de grande coalition afin de, selon ses mots[4]: "réaliser l'unité du peuple tout entier contre l'occupation de la région du Ruhr" [Citation dans l'original .] Le président Friedrich Ebert (SPD) déclare dans le même esprit[5]: "Dans ces journées, où une force étrangère a fait irruption dans notre pays, tout ce qui nous sépare sur le plan de la conception du monde et de l'opinion politique, doit passer au second plan."

Parmi les défenseurs les plus influents d'une grande coalition au sein du SPD comptent Rudolf Hilferding, Otto Braun, Wilhelm Sollmann[6]. Déjà en 1922 était parue une brochure intitulée "“Grande coalition” et Social-démocratie", de Hugo Sinzheimer. Il expose les "nécessités vitales pour la classe ouvrière" [citation dans l'original ], parmi lesquelles il mentionne la stabilisation du Mark, un accroissement de la production et la solution de la question des réparations. Dans cette perspective il considère comme inéluctable le recours à une participation gouvernementale des cercles liés au DVP.

Le KPD s'oppose de front au gouvernement Cuno. La question des gouvernements ouvriers et de l'armement des travailleurs apparait fréquemment dans le cadre des efforts, impulsés par le KPD, de radicalisation et de structuration du mouvement ouvrier[7]. C'est le cas au Congrès national des Conseils d'entreprise révolutionnaires tenu du 23 au 25 novembre 1922, de même qu'à une Assemblée plénière à Berlin des Conseils d'entreprise révolutionnaires tenue le 11 janvier 1923. Des initiatives semblables se produisent au cours des mois suivants. Le 3 mai le Comité national [Reichsausschuß] des Conseils d'entreprises allemands publie un appel à la formation d'unités de défense prolétariennes [proletarische Abwehrhundertschaften] et de comités de contrôle [Kontrollausschüsse][8]. Le 11 aout la Centrale du Parti ensemble avec le Comité national des conseils d'entreprise allemands [Reichsausschuß der Deutschen Betriebsräte] décide de lancer un appel à la grève générale[9]. Les exigences formulées comprennent notamment le renversement du gouvernement, la formation d'un gouvernement ouvrier et paysan, la reconnaissance des comités de contrôle prolétariens [proletarische Kontrollausschüsse], la levée de l'interdiction frappant les unités d'intervention prolétariennes [proletarische Hundertschaften], la dissolution de l'assemblée nationale, la réquisition de vivres pour assurer l'alimentation, un salaire minimal, la réembauche des chômeurs, la levée de l'état d'exception et des interdictions de manifester, la libération immédiate des prisonniers politiques. Un tract en ce sens est diffusé le 12. [Documents ]

Le 12 aout 1923, le gouvernement Cuno donne sa démission. Le 13, un nouveau gouvernement est constitué. Gustav Stresemann, issu de l'Union d'Industriels de Saxe (Verband Sächsischer Industrieller) et président du DVP, devient chancelier. Il forme un gouvernement auquel appartiennent des représentants du DVP, du Zentrum, du Parti démocratique allemand (Deutsche Demokratische Partei, DDP) et du SPD. Stresemann occupe le ministère des Affaires étrangères. Le SPD est représenté par quatre ministres: Robert Schmidt devient ministre de la reconstruction ainsi que vice-chancelier, R. Hilferding ministre des Finances, W. Sollmann ministre de l'Intérieur et Gustav Radbruch ministre de la Justice. Stresemann ne sera chancelier que quelques mois à peine, mais il détiendra le portefeuille des Affaires étrangères dans tous les gouvernements qui se succèderont jusqu'à sa mort, en 1929.

La social-démocratie se conforme ainsi au principe suivant formulé par Karl Kautsky[10]:

Dans son célèbre article "Au sujet de la critique du programme du Parti social-démocrate Marx dit: "Entre la société capitaliste et la société communiste, se place la période de transformation révolutionnaire de celle-là en celle-ci. À quoi correspond une période de transition politique où l'État ne saurait être autre chose que la dictature révolutionnaire du prolétariat." Aujourd'hui, sur la base des expériences de ces dernières années relatives à la question du gouvernement, nous pouvons varier cette phrase en ce sens que nous disons: "Entre les époques de l'État gouverné sur des bases, respectivement purement bourgeoises et purement prolétariennes, se situe une période de transformation de l'un en l'autre. À cela correspond aussi une période de transition politique, dont le gouvernement sera constitué en règle générale sous la forme d'un gouvernement de coalition." Cela sera valable partout où la conquête du pouvoir politique par le prolétariat s'accomplit sur la voie de la démocratie, et cela est, après l'écroulement des grandes monarchies militaires, la voie normale à cette fin. Qui aujourd'hui encore rejette par principe la politique de coalition, celui-là est aveugle vis-à-vis des signes du temps. Il est incapable de répondre aux tâches de celui-ci.

[Citation dans l'original .]

K. Kautsky soigne ici son image de théoricien marxiste, en ayant recours à un rappel d'un des textes fondamentaux du marxisme. La ressemblance formelle entre les deux passages ne peut évidemment pas cacher que, quant au contenu, ils n'ont absolument rien en commun. Cependant, ce procédé de faire passer frauduleusement un glissement de sens est utilisé régulièrement par les révisionnistes qui s'emploient à remplacer le marxisme-léninisme par l'idéologie bourgeoise sous sa forme social-démocrate, réformiste. Toutefois, ce qui distingue le cas de K. Kautsky (ainsi que ses consorts de l'époque) de leurs avatars ultérieurs, c'est qu'ils ont le privilège de réaliser la dénaturation originelle du marxisme-léninisme, alors qu'à tous leurs successeurs, jusqu'à aujourd'hui, il ne reste plus qu'à plonger de plus en plus profondément dans le bourbier de la phraséologie purement bourgeoise.

1922‑1923: Persistance des clivages au sein du KPD

Au printemps de 1923, le KPD s'engage en Saxe et Thüringen dans une tentative de front uni avec des représentants du SPD, dans le cadre de gouvernements caractérisés comme "gouvernement ouvrier" (cf. la section suivante "“Gouvernements ouvriers” et actions insurrectionnelles" ). Toute la période qui précède cette expérience depuis les évènements de mars 1921 (cf. dans le texte "1918‑1921: révolution et contrerévolution", la section "L'offensive de mars 1921" ) est traversée par des débats d'orientation, tournant plus largement autour de la question des luttes et revendications partielles.

Voici à ce sujet un extrait du document  "Thèses sur la tactique" adopté le 12 juillet 1921 au cours du 3e Congrès de l'Internationale communiste[11]:

V. Combats et revendications partielles

[...]  Si ces revendications répondent aux besoins vitaux des larges masses prolétariennes, si ces masses sont pénétrées du sentiment que sans la réalisation de ces revendications leur existence est impossible, alors la lutte pour ces revendications deviendra le point de départ de la lutte pour le pouvoir. A la place du programme minimum des réformistes et des centristes, l’Internationale Communiste met la lutte pour les besoins concrets du prolétariat, pour un système de revendications qui dans leur ensemble démolissent la puissance de la bourgeoisie, organisent le prolétariat et constituent les étapes de la lutte pour la dictature prolétarienne et dont chacune en particulier donne son expression à un besoin des larges masses, même si ces masses ne se placent pas encore consciemment sur le terrain de la dictature du prolétariat.

Dans la mesure où la lutte pour ces revendications embrasse et mobilise des masses de plus en plus grandes, dans la mesure où cette lutte oppose les besoins vitaux des masses aux besoins vitaux de la société capitaliste, la classe ouvrière prendra conscience de cette vérité que si elle veut vivre, le capitalisme doit mourir. Cette constatation fera naitre en elle la volonté de combattre pour la dictature. [...]

[Citation dans l'original .]

Un document intitulé "Lignes directrices sur le Front uni des travailleurs et sur les relations avec les travailleurs qui sont membres de la 2e Internationale, de l'Internationale 2 1/2 et de l'Internationale d'Amsterdam, ainsi qu'avec les travailleurs qui soutiennent les organisations anarchosyndicalistes" est adopté par le Comité exécutif de l'Internationale communiste, le 28 décembre 1921. Voici un extrait[12]:

9. En Allemagne, le Parti Communiste, à la dernière session de son Conseil National, s’est prononcé pour l’unité du front prolétarien et a reconnu possible d’appuyer un « gouvernement ouvrier unitaire » qui serait disposé à combattre sérieusement le pouvoir capitaliste. L’Exécutif de l’Internationale Communiste approuve sans réserve cette décision, persuadé que le Parti Communiste Allemand, tout en sauvegardant son indépendance politique, pourra ainsi pénétrer dans de plus larges couches prolétariennes et y fortifier l’influence communiste. En Allemagne plus que partout ailleurs, les grandes masses comprennent de mieux en mieux que leur avant-garde communiste avait raison de se refuser à déposer les armes dans les moments les plus difficiles et de dénoncer l’inanité absolue des remèdes réformistes à une situation que la révolution prolétarienne seule peut dénouer. En persévérant dans cette voie, le Parti Allemand ne tardera pas à rallier à lui tous les éléments anarchistes et syndicalistes qui sont restés jusqu’à présent en dehors de la lutte des masses.

[Citation dans l'original .]

Du 7 au 11 juin 1922 se tient le 2e plénum, élargi, du Comité exécutif de l'Internationale communiste (le 1er plénum, élargi, s'était tenu du 21 février au 4 mars)[13]. Il forme une commission chargée d'élaborer un projet de programme pour l'IC. Le KPD délègue August Thalheimer pour y participer, et constitue par ailleurs en automne de 1922 une commission en vue de l'élaboration d'un programme pour le Parti[14]. Cette dernière est dirigée par Thalheimer et comprend Heinrich Brandler, Edwin Hoernle, Wilhelm Koenen, Emil Ludwig, Clara Zetkin.

En ce qui concerne la question des gouvernements ouvriers, certains aspects significatifs de la controverse ressortent d'un texte écrit par E. Hoernle dans le cadre de la discussion au sujet du projet de programme. Voici un extrait[15]:

[...] Nous posons donc la question: Est-ce qu'il y à des stades dans lesquels le prolétariat, certes, ne possède pas encore le pouvoir mais où la bourgeoisie n'en dispose plus entièrement? L'histoire de la révolution russe répond par un oui clair. Dans la révolution allemande aussi nous avions cette période; elle s'est terminée par l'écrasement de l'insurrection de Spartakus, par le désarmement du prolétariat et l'étranglement des conseils d'ouvriers. De cette période a surgi le programme de Spartakus, et doivent être interprétées ses revendications de transition. D'ailleurs en termes purement conceptuels, considéré du point de vue de la pensée dialectique, aucune autre voie n'est possible. Pour prendre le pouvoir, le prolétariat nécessite une conscience du pouvoir tout à fait déterminée et des organes de pouvoir tout à fait déterminés, et il ne peut développer ces deux éléments dans le vide en dehors de la démocratie bourgeoise, ce qui voudrait dire en dehors de l'histoire, mais uniquement à l'intérieur de cette démocratie, c'est-à-dire dans une lutte acharnée avec cette démocratie.

[...]

Le concept même de démocratie change. Des mesures dictatoriales, telles que des lois d'exception, des mesures de répression policières et militaires en deviennent des composants essentiels. En même temps elle se trouve contrainte à tolérer dans son cadre des organes de classe des masses travailleuses révolutionnaires qui sont destinés à faire éclater son cadre. Elle tente de les restreindre, les limiter dans leur effet, les neutraliser politiquement, mais elle ne peut pas les empêcher des reprendre conscience, dans les moments décisifs, de leur tâche de classe, de déferler pardessus les barrages légaux et de se retourner contre la démocratie. Le corps entier de la démocratie bourgeoise est maintenant rempli avec la fermentation des forces sociales, avec le conflit entre bourgeoisie et prolétariat et les hauts et bas agités, les avancées et revers d'une lutte de classe tournant à la guerre civile ouverte. Et dans le cadre de cette démocratie, de cette période de transition, des moments peuvent se produire où effectivement "le prolétariat, certes, ne possède pas encore le pouvoir mais où la bourgeoisie n'en dispose plus entièrement".

[...]

Là où le prolétariat en lutte, dans un assaut foudroyant, met à terre les organisations illégales et des mesures dictatoriales de la démocratie bourgeoise, décomposée, mourante, où dans cette lutte il s'empare des moyens de pouvoir d'état, là évidemment il est possible - et personne ne dit plus que cela - que dans un premier temps les masses, auxquelles on a servi durant des décennies des phrases socialo-réformistes, recule une fois de plus devant l'acte final, se contentent des succès provisoires et s'adonnent à l'espoir qu'il suffise de reprendre simplement l'appareil d'état bourgeois, de jeter dehors les gardes blancs et de mettre à leur place des travailleurs. C'est cela le moment où un gouvernement ouvrier, auquel participent aussi des communistes, est possible - à savoir en tant que fait très concret, historique.

Mais à ce moment-là commence aussi déjà la lutte pour le dépassement de ce gouvernement ouvrier, pour son épuration de socialo-réformistes chancelants, pour sa consolidation par des organes de classe prolétariens en dehors du parlement, une lutte qui nous est imposée par la nécessité de détruire les organisations illégales de la bourgeoisie, de briser le sabotage des entrepreneurs et bureaucrates et d'obtenir la satisfaction des plus importantes parmi ces revendications de transition dont le Manifeste communiste dit qu'en elles-mêmes elles paraissent économiquement insuffisantes et intenables, mais poussent nécessairement, au cours du mouvement, au-delà d'elles-mêmes.

La lutte pour le gouvernement ouvrier tourne donc à la lutte pour le capitalisme d'état prolétarien. Dans cette deuxième partie de la lutte, dans la lutte pour l'activité fonctionnelle du gouvernement ouvrier, les masses travailleuses se débarrassent de leurs dernières illusions démocratiques et social-pacifistes. On termine le désarmement de la contrerévolution par l'armement organisé du prolétariat. Le contrôle prolétarien de l'armement et des actes législatifs donne vie à l'organe des conseils d'ouvriers, pousse les germes déjà existants à un développement rapide. Le contrôle de la production et la tentative d'un recensement des biens aboutit finalement à l'expropriation des capitalistes, à la socialisation révolutionnaire.

[Citation dans l'original ]

Le projet est publié le 7 octobre 1922. [Documents ] La Centrale du KPD décide, par 29 voix contre 23, de le soumettre au 4e Congrès de l'IC[16].

Le 4e Congrès de l'Internationale communiste se tient du 5 novembre au 5 décembre 1922. A. Thalheimer intervient en tant que membre de la commission de programme qui avait été formée par le Comité exécutif de l'IC[17].

Ruth Fischer expose la position qu'elle avait déjà exprimée au cours des débats antérieurs au sein du KPD. Elle récuse l'idée d'un gouvernement ouvrier comme type particulier de gouvernement, distinct de la dictature du prolétariat[18]:

la formulation d'un gouvernement ouvrier comme revendication de transition entre démocratie et dictature de conseils signifierait la supposition d'un développement dans lequel des changements radicaux de la société capitaliste seraient possible dans le cadre de la démocratie. Donc une révision pure et simple de ce qui a été élaboré jusqu'ici.

[Citation dans l'original ]

Un texte adopté par le congrès intitulé "Thèses sur la tactique de l'Internationale communiste", concernant le rapport de Grigori Zinoviev, comporte une partie traitant du gouvernement ouvrier. [Documents ] Voici des extraits:

Le gouvernement ouvrier (éventuellement le gouvernement paysan) devra partout être employé comme un mot d'ordre de propagande général. Mais, comme mot d'ordre de politique actuelle, le gouvernement ouvrier présente la plus grande importance dans les pays où la situation de la société bourgeoise est particulièrement peu sûre, où le rapport des forces entre les partis ouvriers et la bourgeoisie met la solution de la question du gouvernement ouvrier à l'ordre du jour comme une nécessité politique.

Dans ces pays, le mot d'ordre du « gouvernement ouvrier » est une conséquence inévitable de toute la tactique du front unique.

[...]

Le programme le plus élémentaire d'un gouvernement ouvrier doit consister à armer le prolétariat, à désarmer les organisations bourgeoises contrerévolutionnaires, à instaurer le contrôle de la production, à faire tomber sur les riches le principal fardeau des impôts et à briser la résistance de la bourgeoisie contrerévolutionnaire.

[...] Un gouvernement ouvrier résultant d'une combinaison parlementaire, peut aussi fournir l'occasion de ranimer le mouvement ouvrier révolutionnaire. Mais il va de soi que la naissance d'un gouvernement véritablement ouvrier et le maintien d'un gouvernement faisant une politique révolutionnaire doivent mener à la lutte la plus acharnée et, éventuellement, à la guerre civile contre la bourgeoisie. La seule tentative du prolétariat de former un gouvernement ouvrier se heurtera dès le début à la résistance la plus violente de la bourgeoisie. Le mot d'ordre du gouvernement ouvrier est donc susceptible de concentrer et de déchainer des luttes révolutionnaires.

[Citation dans l'original ]

Le congrès décide de ne pas adopter de programme lui-même et renvoie la question au congrès suivant. (Cependant, le 5e congrès de l'IC, en juin 1924, ne tranchera pas non plus la question du programme[19]; finalement, un programme sera adopté au 6e congrès en juillet-septembre 1928.) À ce sujet, la délégation russe présente la déclaration suivante, signée par Vladimir I. Lénine, Léon Trotsky, G. Zinoviev, Karl Radek, Nikolaï Boukharine[20]:

Au vu du fait que la controverse sur la question quelle formulation doit être donnée aux revendications de transition et dans quelle partie du programme elles doivent être intégrées, a de façon complètement erronée donné l'impression d'une opposition de principe, la délégation russe confirme à l'unanimité que l'établissement des revendications de transition dans les programmes des sections nationales ainsi que leur formulation générale et leur justification théorique dans la partie générale du programme ne peut pas être considéré comme de l'opportunisme.

[Citation dans l'original ]

Est également adopté une résolution présentée par le présidium, qui apporte des précisions de principe concernant la question de ce qui est désigné comme "revendications de transition". Elle stipule notamment[21]:

Résolution sur le programme de l'Internationale Communiste

[...]

3. Dans le programme des sections nationales, la nécessité de la lutte pour les revendications transitoires doit être motivée avec précision et netteté; les réserves sur les rapports de ces revendications avec les conditions concrètes de temps et de lieu doivent être mentionnées.

4. Les fondements théoriques de toutes les revendications transitoires et partielles doivent absolument être formulées dans le programme général. Le 4e Congrès se prononce tout aussi résolument contre la tentative de représenter l’introduction de revendications transitoires dans le programme comme de l’opportunisme, que contre toute tentative d’atténuer ou de remplacer les objectifs révolutionnaires fondamentaux par des revendications partielles.

[...]

[Citation dans l'original ]

Le congrès constitue un Comité exécutif composé de la façon suivante[22]. Comme président: G. Zinoviev (Russie soviétique); comme membres: W. Andrews (Afrique du Sud), N. Boukharine (Russie soviétique), L.‑O. Frossard (France), J. Garden (Australie), E. Gennari (Italie), A. Gramsci (Italie), E. Hoernle (Allemagne), Z. Höglund (Scandinavie), S. Katayama (Orient), L. E. Katterfeld (pseudonyme J. Carr) (USA), V. Kolarov (Balkans), O. Kuusinen (Finlande), A. MacManus (Grande Bretagne), A. Neurath (Tchécoslovaquie), E. Próchniak (Pologne), K. Radek (Russie soviétique), G. Safarov (Orient), O. Scheflo (Scandinavie), B. Šmeral (Tchécoslovaquie), B. Souvarine (France), E. Woog, alias A. Stirner (Amérique du Sud); C. Zetkin (Allemagne), L. Chatskine (Internationale communiste des Jeunes), R. Schüller (Internationale communiste des Jeunes), comme candidats: A. Bordiga (Italie), P. Böttcher (Allemagne), F. Koral (pseudonyme J. Duret) (France), V. I. Lénine (Russie soviétique), M. Macavei (Balkans), A. Muna (Tchécoslovaquie), W. Newbold (Grande Bretagne), M. N. Roy (Orient), C. E. Ruthenberg (pseudonyme D. Damon) (USA), L. Trotsky (Russie soviétique).

Du 28 janvier au 1er février 1923 se tient à Leipzig le 8e Congrès du KPD. (Pour les congrès précédents du KPD, cf. le texte "1918‑1921: révolution et contrerévolution", à commencer par la section "Création du Parti communiste" .) Une résolution, "Lignes directrices sur la tactique du front uni et du gouvernement ouvrier", présentée par H. Brandler, est adoptée par 118 voix contre 59[23]. [Documents ] Elle stipule:

Le gouvernement ouvrier n'est ni la dictature du prolétariat ni une ascension pacifique vers elle. Elle est une tentative de la part de la classe ouvrière de mener une politique ouvrière, dans le cadre et dans un premier temps avec les moyens de la démocratie bourgeoisie, appuyé sur des organes prolétariens et des mouvements de masse.

[Citation dans l'original ]

Un certain nombre de membres du Parti autour de R. Fischer, Arkadij Maslow, Werner Scholem, Ernst Thälmann, s'opposent à cette orientation[24]. Ils disposent d'une base majoritaire dans les districts Berlin et Wasserkante (qui ensemble comprennent près d'un quart des membres du Parti) et dans les districts Mittelrhein (Köln) und Hessen-Frankfurt. Un texte alternatif "Thèses sur le front uni et le gouvernement ouvrier" [citation dans l'original ] est soumis au congrès par les districts Berlin-Brandenbourg, Wasserkante- Hambourg, Mittelrhein, Hessen-Frankfurt, Lausitz. Cependant, le congrès élit à la Centrale principalement des représentants en accord avec l'orientation proposée, comme H. Brandler, Hugo Eberlein, Paul Frölich, A. Thalheimer, Jakob Walcher, C. Zetkin, ainsi que quelques membres se situant sur des positions intermédiaires comme Wilhelm Pieck et Walter Ulbricht[25]. Les candidats de l'opposition, R. Fischer, Ottomar Geschke, Iwan Katz et Arthur König, ne sont pas élus. Les seuls représentants à la Centrale proche de l'opposition sont Rudolf Lindau, Hans Pfeiffer et Arthur Ewert qui avait été présentés sur la liste de la majorité.

La Centrale élue est composée comme suit[26]: Karl Becker, Paul Böttcher, H. Brandler, H. Eberlein, A. Ewert, P. Frölich, Fritz Heckert, E. Hoernle, August Kleine (Guralski), W. Koenen, R. Lindau, H. Pfeiffer, W. Pieck, Hermann Remmele, Felix Schmidt[27], Georg Schumann, Walter Stoecker, A. Thalheimer, W. Ulbricht, J. Walcher, C. Zetkin.

En mai, les délégués des deux tendances du KPD se rendent à Moscou pour discuter avec le Bureau de l'Internationale communiste. Les thèses du congrès sont condamnées. Le 17 mai, R. Fischer, O. Geschke, A. König et E. Thälmann sont cooptés à la Centrale comme représentants de l'orientation divergente au sujet de la question des gouvernements ouvriers[28].

Jusqu'à la prise du pouvoir par les national-socialistes le KPD tiendra encore quatre congrès qui seront évoqués plus loin: du 7 au 10 avril 1924 (section "Hambourg" ); du 12 au 17 juillet 1925 (section "KPD: luttes d'orientation" ); du 2 au 7 mars 1927 (section "KPD: luttes d'orientation" ); du 8 au 15 juin 1929 (section "Le KPD cible du SPD" ).

"Gouvernements ouvriers" et actions insurrectionnelles

En Saxe, en décembre 1922, le KPD décide de tolérer la constitution d'un gouvernement minoritaire dirigé par Wilhelm Buck (SPD)[29]. En janvier 1923, le Parti dépose une motion de censure contre le ministre de l'Intérieur régional, Richard Lipinski (SPD). La police de Leipzig avait protégé une manifestation du Parti populaire allemand de la liberté (Deutschvölkische[30] Freiheitspartei, DVFP ‑ parti d'extrême droite fondé en décembre 1922), et Lipinski avait justifié l'intervention. La motion est votée par une majorité incluant des députés de la droite et le 30 janvier, le gouvernement démissionne. Parallèlement, le 29 janvier, la direction du KPD au niveau régional adresse au gouvernement encore en exercice ainsi qu'à la direction du SPD au niveau régional une proposition en vue de la constitution d'un gouvernement ouvrier. Depuis les élections qui avaient eu lieu en novembre 1922, avec 40 députés du SPD et 10 du KPD sur un total de 96, les deux partis disposent ensemble de la majorité. Au niveau national, la direction du SPD est favorable à la constitution, en Saxe, d'un gouvernement de coalition entre SPD et DDP lequel, étant minoritaire, devrait s'appuyer sur le soutien du DVP. Au cours de mars, SPD et KPD, au niveau régional, se mettent d'accord sur la formation d'unités de défense contre l'extrême droite et sur la constitution d'un gouvernement minoritaire du SPD toléré par le KPD. Le 21 mars Erich Zeigner (SPD) est désigné comme premier ministre.

En Thüringen également, le KPD oeuvre dans une perspective similaire. En mai, la direction du district Grand-Thüringen adopte un texte qui formule les "Conditions préalables à l'entrée des communistes à un gouvernement ouvrier en Thüringen"[31]. [Citation dans l'original ] Il postule les exigences suivantes: convocation en commun d'un Congrès de Conseils d'entreprises chargé de définir le programme du gouvernement et investi de la capacité de proposer des lois; formation en commun d'unités d'intervention prolétariennes dans les entreprises; effort en commun en vue du développement des comités de contrôle et de l'élargissement de leurs compétences; combat en commun contre les gouvernements de coalition entre la social-démocratie et la bourgeoisie, aux niveaux national et régional; lutte en commun en vue du renversement du gouvernement Cuno, pour la constitution d'un gouvernement ouvrier au niveau national également. Le KPD fait connaitre publiquement cette position. Sur cette base il entame des négociations avec la direction du SPD au niveau régional, laquelle rejette la proposition.

Les causes qui, en aout, amènent les puissantes actions de combat de la classe ouvrière et la chute de Cuno (cf. plus haut), persistent aussi pendant le gouvernement Stresemann[32]. Après l'arrêt de la grève générale démarrent des représailles contre les participants à la grève. C. Severing (SPD), ministre de l'Intérieur de Prusse, en prend l'initiative, avec l'interdiction du Comité national des Conseils d'Entreprise allemands, l'organisateur le plus important du mouvement de grève. Le 4 septembre le ministre de l'Intérieur du Reich W. Sollmann (SPD) interdit la parution de l'organe central du KPD et de quelques autres journaux communistes.

En Bavière, depuis le putsch Kapp, l'extrême-droite a pris racine. Lorsque le 21 juillet 1922 l'Assemblée nationale vote une loi sur la protection de la République, la Bavière y voit une atteinte à sa souveraineté et applique un décret, de teneur similaire mais édicté de façon indépendante. Les organisations d'extrême droite Casque d'acier (Stahlhelm), Union pangermanique (Alldeutscher Verband), Ordre des Jeunes-Allemands (Jungdeutscher Orden, Jungdo) n'y sont pas interdites. D'ailleurs malgré l'insistance des puissances vainqueurs de la guerre et du gouvernement national, les milices d'autodéfense locale [Einwohnerwehren] continuent de détenir des armes, d'organiser des tirs publics, etc.

Le 26 septembre 1923 le gouvernement de Bavière, agitant le spectre d'un renforcement des forces de la gauche radicale au niveau national, et pouvant s'appuyer sur le développement des organisations d'extrême droite au niveau régional, instaure l'état d'exception[33]. Le pouvoir exécutif est conféré à Gustav von Kahr, du Parti bavarois du peuple (Bayerische Volkspartei, BVP), nommé maintenant commissaire général au niveau régional (il avait été nommé premier ministre le 29 février 1920, mais avait démissionné le 11 septembre 1921). Le gouvernement national craint alors un putsch bavarois dirigé contre Berlin et le président instaure l'état d'exception au niveau national. Ainsi les querelles de compétences entre le Reich et la Bavière se poursuivent. Cependant, Kahr, constatant que l'armée fait de toute façon du bon travail au service de la réaction, ne brusque pas les évènements. Sur la base de l'état d'exception, le pouvoir exécutif national incombe au ministre de la défense Otto Geßler. Les unités d'intervention prolétariennes sont interdites, de même que les comités de contrôle.

Au début d'octobre, le DVP exige la démission du ministre des finances R. Hilferding et avant tout le démantèlement de la journée de huit heures. Cela occasionne une controverse au sein de la direction du SPD, mais elle concerne simplement les modalités de mise en oeuvre de ce processus: soit dans le cadre d'une loi accordant les pleins pouvoirs, soit par la voie parlementaire habituelle. Les adversaires d'un règlement au moyen d'une loi accordant les pleins pouvoirs emportent la majorité de justesse. Le gouvernement Stresemann démissionne et trois jours plus tard, le 6 octobre, Stresemann présente un gouvernement légèrement remanié, avec Hans Luther aux Finances. Le SPD accepte le largage de Hilferding et en outre, capitule à l'égard de la journée de huit heures. La discipline obligatoire au sein de la fraction du SPD concourt à assurer à la loi accordant les pleins pouvoirs [Ermächtigungsgesetz] l'assentiment des députés du SPD, le 13 octobre[34]. Ainsi le gouvernement est autorisé à mettre en oeuvre "toutes les mesures requises contre des situations d'urgence dans les domaines des finances, de l'économie et de l'assistance sociale". [Citation dans l'original ]

À partir de la fin d'aout 1923, émerge une tendance portée conjointement par certains dirigeants du KPD ainsi que de l'Internationale communiste, considérant que les conditions en Allemagne sont propices à mettre en oeuvre une insurrection armée. Parallèlement le KPD intensifie ses efforts pour concrétiser les plans d'établir des gouvernements ouvriers. En Thüringen, le 11 septembre, il décide de retirer sa confiance au gouvernement minoritaire formé par le SPD et l'USPD, dirigé par August Frölich[35]. En même temps, la direction du district de Grand-Thüringen du KPD, la fraction du KPD à l'Assemblée régionale et le Comité régional [Landesausschuß] des Conseils d'entreprises et des comités de contrôle de Thüringen publient en commun un programme de lutte proposant la formation d'un gouvernement ouvrier[36]. [Documents ] Les grandes lignes sont les suivantes: formation d'un gouvernement ouvrier et petit-paysan; convocation du congrès des conseils d'entreprise de Thüringen en y associant des délégués des petits paysan; ce congrès établit le programme du gouvernement et les groupes du SPD et du KPD à l'assemblée régionale doivent s'engager de façon ferme à le mettre en oeuvre; constitution d'unités d'intervention prolétariennes [proletarische Hundertschaften] communes; comités de contrôle de travailleurs, petits paysans et petits commerçants; abolition de tous les décrets d'exception qui entravent le mouvement prolétarien. Le KPD en Saxe, le 29 septembre, formule des propositions similaires[37]. [Documents ]

Le 4 octobre, la Centrale du KPD publie un "appel à la lutte contre l'offensive de la dictature militaire, pour la préparation de la grève générale et la constitution de comités d'action"[38] [citation dans l'original ], et le 6 elle adopte une résolution proclamant la disponibilité du KPD pour participer à des gouvernements ouvriers en Saxe et en Thüringen[39]. Le 7, le comité national [Reichsausschuß] des Comités d'entreprises allemands et le congrès des Conseils d'entreprises de Grand-Thüringen publient un appel commun en vue de la préparation de la grève générale, de la formation de comités d'action et de la consolidation des unités d'intervention prolétariennes[40].

Le 10 octobre en Saxe, le premier ministre E. Zeigner fait entrer au gouvernement trois communistes: le dirigeant du KPD de Saxe de l'Ouest et président du groupe communiste à l'assemblée régionale P. Böttcher comme ministre des Finances, F. Heckert comme ministre de l'économie ainsi que H. Brandler comme chef de la chancellerie [Staatskanzlei][41]. [Chronologie ] Le 13, le commandant des troupes de l'armée en Saxe, le lieutenant général Alfred Müller, interdit les unités d'intervention prolétariennes et toutes les unités similaires[42]. Le ministre de l'économie Böttcher appelle au contraire à l'armement de ces formations[43]. Le 16, Müller informe le gouvernement régional qu'il place avec effet immédiat la police de Saxe directement sous les ordres de l'armée. Le même jour en Thüringen, le premier ministre A. Frölich fait entrer trois communistes dans le gouvernement social-démocrate: Karl Korsch comme ministre de la Justice, Albin Tenner comme ministre de l'économie ainsi que Theodor Neubauer comme conseiller régional [Staatsrat]. Dans les assemblées de ces deux régions, KPD et SPD détiennent la majorité absolue.

Le gouvernement national ordonne la révocation des ministres communistes. Le gouvernement de Saxe ignore l'ordre de même que la dissolution des unités d'intervention prolétariennes, et le 20 octobre, sur ordre d'O. Geßler, des troupes de l'armée se préparent à entrer dans Saxe[44]. Ce jour-là, A. Müller informe E. Zeigner[45]:

J'ai été chargé, avec les moyens de pouvoir dont je dispose ainsi que ceux qui m'ont été attribués à titre de renforcement, de rétablir et maintenir une situation d'ordre conforme à la constitution.

[Citation dans l'original ]

Le KPD maintient sa position, formulée par exemple dans un appel par la direction de Saxe du Parti et la fraction du KPD à l'Assemblée régionale, publié le 26[46]:

Nous communistes déclarons: Nous nous en fichons de l'interdiction des unités d'intervention par monsieur le général, nous nous en fichons de toutes les interdictions et décrets encore à venir. Nous sommes entrées au gouvernement pour mobiliser, ensemble avec les social-démocrates, les masses travailleuses pour la lutte contre le gouvernement militaire, le fascisme, et contre la situation où nous sommes réduits à la famine. Nous mobiliserons les masses, quelque soient les performances du général pour danser au son du sifflet de l'industrie lourde, des Junker, des spéculateurs et des fascistes. Nous  appelons les travailleurs à répondre à l'interdiction des unités d'intervention par la formation d'innombrables unités d'intervention nouvelles, à l'interdiction des comités d'action par la formation de comités d'action dans chaque entreprise. Les travailleurs de Saxe en lien avec le reste des travailleurs allemands sont assez forts pour terrasser tous leurs ennemis et de conquérir le pain et les pommes de terres suffisants pour simplement exister. Aux travailleurs de Saxe et d'Allemagne nous adressons l'appel à être en alerte. Il est possible que demain ou après-demain il soit nécessaire de répondre à l'action de la dictature militaire par la grève générale en Saxe, Thüringen et dans le pays. Les travailleurs d'Allemagne et de Saxe ne se rendront pas sans résistance aux généraux; si les généraux de l'industrie lourde veulent jouer un air pour danser, eh bien, les travailleurs allemands sont préparés.

[Citation dans l'original ]

Le 29 octobre le gouvernement national a recours, à l'encontre de Saxe, à un dispositif prévu par la constitution (article 48), qui autorise le président à suspendre temporairement certains droits fondamentaux et à utiliser la force armée[47]. C'est ce qu'on appelle communément une “Reichsexekution”. Des troupes de l'armée entrent dans Dresde et Weimar. Des affrontements entre soldats et manifestants ont pour résultat plusieurs dizaines de morts et de blessés. Le 1er novembre est formé un gouvernement minoritaire SPD sous Alfred Fellisch toléré par le DDP[48]. Le 2, les représentants du SPD au sein du gouvernement national démissionnent en signe de protestation contre l'intervention de l'armée en Saxe et Thüringen[49]. Des mesures contraignantes sont également appliquées en Thüringen, le 6 novembre. [Chronologie ] Le 12, le KPD quitte le gouvernement de Thüringen. Dans un premier temps, le gouvernement dirigé par A. Frölich reste en place, mais pour éviter une application directe de l'article 48 comme en Saxe, il est contraint d'accepter l'intervention d'une commission nationale d'enquête, ce qui ne lui laisse que peu d'autonomie[50]. Des élections auront lieu le 10 février 1924, et le 21, un gouvernement sera formé par les partis autrefois dans l'opposition, avec Richard Leutheußer (DVP) comme premier ministre occupant également les fonctions de la Justice et de l'éducation[51].

Hambourg

Le 20 octobre 1923, compte tenu de la situation en Saxe, la Centrale du KPD décide "que sur la base des informations sur une entrée de l'armée doit être émise la consigne de la grève générale, qui inclut la lutte armée"[52]. [Citation dans l'original ] Pour le lendemain,  à Chemnitz, était convoquée depuis plusieurs jours par le gouvernement régional une conférence des conseils d'entreprise, à laquelle les ministres Georg Graupe (SPD), F. Heckert et P. Böttcher (tous les deux KPD) comptent discuter des évènements avec les délégués de diverses organisations ouvrières. La Centrale décide d'utiliser cette conférence, au cas où l'état esprit régnant s'y présenterait favorablement, pour déclencher l'action. À cette conférence participent des délégués de Saxe et Thüringen, en partie aussi d'autres régions: 66 représentants du KPD, 140 membres de conseils d'entreprise, 122 syndicalistes, 79 membres de comités de contrôle et 15 membres de comités d'action, 20 représentants de l'ADGB de Saxe, 16 représentants des organisations de sans emploi, 26 représentants de coopératives ouvrières, 7 représentants du SPD, 1 de l'USPD[53]. Quelques participants interviennent effectivement en faveur de l'appel à une grève générale, et H. Brandler demande alors un vote sur cette question. La proposition ne rencontre pas d'écho favorable, par contre Graupe réplique que les participants social-démocrates quitteraient immédiatement la conférence si le KPD insiste sur sa proposition. Les communistes présents, après discussion, se plient à cet état des choses.

À Hambourg, dès le 20 octobre, se produisent des heurts entre les travailleurs et la police[54]. Le 22, lorsqu'est connue la nouvelle de l'arrivée de l'armée en Saxe, les travailleurs du port et des chantiers navals entament la grève. Durant la nuit du 22 au 23, un texte émanant du comité national des conseils d'entreprise [Reichsbetriebsräteausschuß], transmis par la Centrale du KPD, est diffusé[55]. Il explique:

[...] que tout élément retardant équivaut la mort et qu'il est absolument nécessaire d'engager la lutte simultanément dans tout le pays, parce que la lutte isolée des travailleurs en Allemagne du Centre peut conduire à la défaite. Ce ne sera pas la répétition de la révolution de novembre 1918. L'heure décisive est venue. De deux choses l'une: Ou bien le peuple travailleur sauve l'Allemagne du Centre, transforme l'Allemagne en une république des ouvriers et des paysans, qui conclut une alliance avec l'Union soviétique, ou viendra une terrible détresse.

[Citation dans l'original ]

De nombreuses entreprises sont paralysées. Des manifestations se déroulent, la situation est tendue notamment dans le quartier ouvrier de Barmbeck. La direction du district Wasserkante du KPD décide de déclencher l'insurrection le matin du 23. L'action débute par la proclamation de la grève des cheminots. Des unités du Parti bloquent des routes principales importantes. Elles réussissent à investir 17 postes de police. La grève des ouvriers des chantiers navals démarrée le 20 avait aussi déclenché des manifestations de chômeurs. Le matin du 22, les moyens de transport sont paralysés. Cependant les combats restent circonscrits aux quartiers du Nord et de l'Est: Barmbek, Eimsbüttel et Schiffbek. Le 23, la police reçoit des renforts, comprenant des navires de guerre. Cependant une des unités de matelots refuse d'intervenir. À Barmbeck, 300 combattants ouvriers affrontent un effectif de 6000 policiers et militaires équipés d'armement lourd. La nuit du 23 au 24 se passe sans combats notables. Le KPD met un terme à l'action dans la nuit du 24 au 25 octobre. On compte 24 morts parmi les insurgés et 17 parmi la police[56].

La tentative d'insurrection produit aussi des répercussions dans la région de Brême, entre autre aux aciéries Stahlwerk Augustfehn, ainsi qu'à Varel et à Rüstringen/Wilhelmshaven[57].

Suite aux évènements de Hambourg ainsi que de Saxe et Thüringen (cf. plus haut) le KPD sera interdit entre le 23 novembre 1923 et le 1er mars 1924[58].

Dans les mois qui suivent, la tentative d'insurrection d'octobre fait l'objet de discussions prolongées de la part du KPD et de la direction de l'Internationale communiste[59]. La Centrale se réunit clandestinement à Berlin les 3 et 4 novembre et, par 40 voix contre 13, adopte des thèses, rédigées par H. Brandler et K. Radek[60]. En décembre, le Comité exécutif de l'IC adresse au KPD une lettre très critique, point de départ de la remise en question de la résolution du 4 novembre. Par la suite, trois textes s'opposent les uns aux autres devant la Centrale, celui de R. Fischer et ses partisans, qui se déclarent d'accord avec la lettre du Comité exécutif[61], celui de Brandler et A. Thalheimer, qui repoussent fermement ses critiques[62], et celui du groupe autour de H. Remmele, W. Koenen, H. Eberlein et A. Kleine, qui tient compte des critiques de l'IC sans pour autant reprendre l'intégralité de la position formulée par Fischer[63]. Fischer obtient six voix, Brandler et Thalheimer deux ‑ les leurs, en l'absence de C. Zetkin ‑ et la troisième position rallie le reste de l'ancienne majorité de la Centrale, dix-sept voix[64].

Les dirigeants du KPD sollicitent alors le présidium du Comité exécutif de l'IC pour une médiation[65]. Des discussions ont lieu entre le présidium et des représentants du KPD, du 8 au 21 janvier 1924. Parmi les participants figurent, pour le présidium: Vasil Kolarov, Otto Kuusinen, Osip Pjatnitskij, K. Radek, Robert Stewart, Umberto Terracini, C. Zetkin, G. Zinoviev[66]. W. Pieck et J. Walcher étaient arrivés à Moscou au début de décembre et considèrent qu'ils représentent la Centrale dans son ensemble; pour le KPD participent en outre[67]: H. Brandler, Joseph Eisenberger, R. Fischer, Max Hammer, Max Hesse, Karl Jannack, A. Kleine, W. Koenen, A. König, A. Maslow, Wilhelm Münzenberg, H. Remmele, W. Scholem, E. Thälmann. Le 11, comme base pour la discussion, Radek, Brandler, Remmele et Fischer présentent chacun un rapport sur la question de l'Allemagne, Zinoviev intervient ensuite[68]. Pour élaborer une résolution politique, l'assemblée désigne une commission comprenant Kuusinen (qui la préside), Koenen, Maslow, Pieck, Remmele, Thälmann. Celle-ci, le 19 janvier présente son rapport devant le présidium. Celui-ci adopte le rapport contre deux voix, celles de Zetkin et de Radek[69]. De la délégation allemande, votent pour: Fischer, Hesse, Koenen, König, Maslow, Remmele, Thälmann; votent contre: Brandler, Eisenberger, Hammer, Jannack, Pieck, Walcher. Les réunions reprennent le 21, et finalement les partisans de Brandler déclarent accepter le résultat des discussions. Cependant Brandler, Eisenberger, Hammer, Jannack, Pieck, Welcher, Zetkin, remettent à Zinoviev, président du Comité exécutif de l'IC, une déclaration dans laquelle ils exposent les arguments fondant leur désaccord avec les thèses du comité exécutif[70].

Il convient de mentionner deux prises de position de J. Staline concernant les évènements.

Le 7 aout il écrit, dans une lettre adressée à G. Zinoviev [Documents ]:

Est-ce que les communistes (au moment actuel) devraient s'efforcer à aller vers la prise du pouvoir sans les social-démocrates. Est-ce qu'ils sont déjà mûrs pour cela? Voilà ce qui est, à mon avis, la question. [...] Il ne s'agit pas de ce que Brandler veut "éduquer les masses", mais de ce que la bourgeoisie plus les social-démocrates de droite transformerait la pièce éducative en une contre-attaque et les détruiraient au sol (ce pour quoi ils ont pour l'instant toutes les possibilités). [...] À mon avis il faut retenir les Allemands, pas les encourager.

[Citation dans l'original ]

Et rétrospectivement (en aout 1927), il aborde la question de la manière suivante [Documents ]:

Dans la lettre a été abordée avant tout la question de la prise du pouvoir immédiate par les communistes. En juillet ou début aout 1923 n'était pas encore présent en Allemagne cette crise révolutionnaire profonde, qui mobilise des masses par millions, démasque la coutume de pactiser de la social-démocratie, désorganise totalement la bourgeoisie et met à l'ordre du jour la question de la prise du pouvoir immédiate. Évidemment, étant donnée la situation en juillet-aout en Allemagne il ne pouvait pas être question d'une prise de pouvoir immédiate par les communistes, lesquels, qui plus est, étaient en minorité dans les rangs de la classe ouvrière.

Une telle position est-elle correcte? Je pense qu'elle est correcte. C'est la même position que défendait le bureau politique à l'époque.

|...]

Or deux mois plus tard s'effectue en Allemagne un changement brusque de la situation dans le sens que la crise révolutionnaire s'accentue. Poincaré entreprend une attaque militaire contre l'Allemagne; la crise financière en Allemagne revêt un caractère catastrophique, au sein du gouvernement allemand débutent décomposition et changement continu de ministres; la vague révolutionnaire monte et menace de faire éclater la social-démocratie; commence un passage en masse des travailleurs de la social-démocratie vers les communistes; la question de la prise du pouvoir par les communistes vient à l'ordre du jour. Dans cette situation je me prononçais, de même que les autres membres de la commission du Komintern, résolument et fermement pour la prise du pouvoir immédiate par les communistes.

Comme on sait, il y avait au sein de la commission allemande, créée à l'époque, à laquelle appartenaient Zinoviev, Boukharine, Staline, Trotsky, Radek et une série de camarades allemands, un certain nombre de décisions concrètes sur l'aide directe pour les camarades allemands en vue de la prise du pouvoir. Est-ce qu'à l'époque les membres de cette commission étaient d'accord sur tout? Non, ce n'était pas le cas. Les différences d'opinion tournaient à l'époque autour de la question de l'organisation de soviets en Allemagne. Moi-même et Boukharine, nous affirmions que les conseils d'entreprise ne pouvaient pas remplacer les soviets, et proposions l'organisation immédiate de soviets prolétariens en Allemagne. Trotsky et Radek ainsi que quelques camarades allemands, étaient contre l'organisation de soviets, parce qu'ils croyaient que les conseils d'entreprise suffiraient pour la prise du pouvoir. Zinoviev hésitait entre ces deux groupes.

[Citation dans l'original ]

(Pour des réflexions rétrospectives formulées par E. Thälmann en octobre 1925, cf. Documents .)

Le 19 février se tient une réunion de la Centrale du KPD[71]. Elle approuve la résolution du 21 janvier, et décide de modifier la distribution des responsabilités de direction. La nouvelle Centrale comprend cinq membres de la majorité, ainsi que R. Fischer et E. Thälmann. H. Remmele prend la place de H. Brandler, avec E. Thälmann comme suppléant.

Du 7 au 10 avril 1924, se réunit clandestinement le 9e Congrès du KPD, à Francfort-sur-le-Main[72]. Le groupe autour de R. Fischer et A. Maslow obtient qu'E. Hoernle, W. Koenen, W. Stoecker, W. Ulbricht et C. Zetkin ne sont pas réélus à la Centrale. La nouvelle Centrale est composée de 15 membres[73]: H. Eberlein, R. Fischer, Wilhelm Florin, O. Geschke, F. Heckert, I. Katz, A. König, Maslow, W. Pieck, H. Remmele, Arthur Rosenberg, Ernst Schneller, W. Scholem, Max Schütz, E. Thälmann. Dimitrij Manuilskij, représentant du Comité exécutif de l'Internationale communiste, est préoccupé par le manque d'unité du Parti et préconise ‑ sans succès ‑ l'inclusion dans la nouvelle Centrale de quelques dirigeants écartés[74]. Fischer est désignée comme Présidente du Bureau politique du Comité central, qui comprend en outre Katz, Maslow, Rosenberg, Paul Schlecht[75], Scholem, Schütz, Thälmann. Le Secrétariat est composé de Fischer, Maslow et Scholem. Après l'arrestation de Maslow le 20 mai, Remmele, qui avait été inclus à la Centrale comme représentant du groupe intermédiaire mais s'était ensuite rapproché des positions du groupe autour de Fischer, est coopté au bureau politique[76].

Dans le cadre des réflexions entamées après la tentative d'insurrection d'octobre 1923, le Comité exécutif de l'IC avait adopté le 21 janvier 1924 une résolution au sujet de l'organisation des cellules d'entreprises. Elle stipule notamment[77]:

La base des organisations du Parti, ce sont les cellules de Parti établies par entreprise, qui la forment. Tous les communistes qui travaillent dans une entreprise déterminée doivent appartenir à la cellule d'entreprise de celle-ci.

[Citation dans l'original ]

Au sein du KPD des discussions dans le même sens sont menées[78]. En décembre 1923, des lignes directrices relatives à l'organisation avaient été établies, puis avait été préparé un projet de nouveaux statuts pour le parti. Mais dans le contexte de divergences traversant le parti, aucune décision précise n'est prise au cours du 9e congrès.

Du 17 juin au 8 juillet 1924 se tient à Moscou le 5e Congrès de l'Internationale communiste. La représentation du KPD au Comité exécutif est modifiée. C. Zetkin, E. Hoernle et P. Böttcher sont remplacés par O. Geschke, P. Schlecht et A. Rosenberg comme membres, R. Fischer et E. Thälmann comme candidats (Zetkin garde un mandat individuel)[79].

(Pour l'intervention d'E. Thälmann au congrès, cf. Documents .)

La composition complète du Comité exécutif élu par le congrès est la suivante[80]. Comme président: G. Zinoviev (Russie soviétique); comme membres: A. Bordiga (Italie), N. Boukharine (Russie soviétique), Chen Tu-hsiu (ou Tschin Du-liu) (Chine), G. Cristescu (Roumanie), G. Fiala (Autriche); F. Filipovič (pseudonyme B. Boškovič) (Yougoslavie), W. Z. Foster (USA), M. Frunze (Ukraine), O. Geschke (Allemagne), F. Grzelszczak (pseudonyme M. Grzegorzewski) (Pologne), K. Höglund (Suède), J. Jaquemotte (Belgique), T. Kaclerovič (pseudonyme Marinovič) (Yougoslavie), L. Kamenev (Russie soviétique), S. Katayama (Japon), K. Kilbom (Suède), V. Kolarov (Bulgarie), O. Kuusinen (Finlande), A. MacManus (Grande-Bretagne), D. Manuilskij (Ukraine), A. Muna (Tchécoslovaquie), A. Neurath (Tchécoslovaquie), J. Penelón (Amérique du Sud), O. Perez Solis (Espagne), H. Pollitt (Grande-Bretagne), M. N. Roy (Inde), A. Rosenberg (Allemagne), C. E. Ruthenberg (USA), A. Rykov (Russie soviétique), O. Scheflo (Norvège), P. Schlecht (Allemagne), L. Sellier (France), Semaoen (Java), P. Sémard (France), J. Staline (Russie soviétique), B. Šmeral (Tchécoslovaquie), P. Togliatti (pseudonyme Ercoli) (Italie), A. Treint (France), D. Wijnkoop (Pays-Bas), C. Zetkin (mandat individuel); comme candidats: P. Bogucki (Pologne), G. Brilliant (pseudonyme G. Sokolnikov) (Russie soviétique), G. Dimitrov (Bulgarie), F. Dobrovolný (Tchécoslovaquie), J. Doriot (France), W. Dunne (USA), R. Fischer (Allemagne), W. Gallacher (Grande-Bretagne), S. Girault (France), A. Hansen (Norvège), G. Jerram (France), B. Kun (mandat individuel), P. Ladan (pseudonyme Niedobyty) (Pologne), J. Larkin (Irlande), A. Lozovskij (Russie soviétique), F. Maffi (Italie), S. Markovič (pseudonyme Simič) (Yougoslavie), V. Mickiewicz-Kapsukas (Finlande et états baltes), O. Pjatnitskij (Russie soviétique), Karl Volk (pseudonyme Robert) (Allemagne), O. Samuelson (Suède), M. Scoccimarro (pseudonyme Marco) (Italie), R. Stewart (Grande-Bretagne), A. Tasca (pseudonyme Rienzi) (Italie), E. Thälmann (Allemagne), L. Trotsky (Russie soviétique), J. Vercik (Tchécoslovaquie), A. Zápotocký (Tchécoslovaquie).

Le présidium élu par le Comité exécutif lors du 4e plénum, élargi, tenu à l'issue du congrès, les 12‑13 juillet (le 3e plénum, élargi, s'était tenu du 12 au 23 juin 1923), est composé de la manière suivante. Comme membres: Boukharine, Geschke, Katayama, Kolarov, Kuusinen, MacManus, Manuilskij, Pollitt, Scheflo, Sémard, Staline, Šmeral, Thälmann, Togliatti, V. Vujovič, Zinoviev; comme candidats: Fischer, Frunze, Hansen, S. Hessen, Kamenev, Muna, Neurath, Rienzi, Roy, Rykov, Schlecht, Sokolnikov, Treint, Zetkin, et un représentant du American Workers' Party. Le secrétariat est formé par Geschke, J. Humbert-Droz, Kuusinen, Pjatnitskij, Treint, avec MacManus et Neurath comme candidats.

(Pour l'analyse que fait J. Staline à la fin de 1924 et début de 1925 au sujet de la situation mondiale en générale, et de l'Allemagne, cf. Documents  .)

Les gouvernements bourgeois imposent leur "normalisation"

Le 8 novembre 1923, Adolf Hitler entreprend une tentative de putsch à Munich, visant à pousser G. v. Kahr à accaparer le pouvoir central, au niveau national. [Chronologie ] Parmi les participants à ce putsch, on trouve en premier lieu des représentants du NSDAP. En outre on y trouve le dirigeant de corps- franc Gerhard Rossbach, ainsi que Friedrich Weber, dirigeant de l'organisation “Bund Oberland”. Le 9 novembre, la police de Bavière met en échec cette entreprise. Le président F. Ebert charge le commandant de l'armée, le général Hans von Seeckt, des pouvoirs exécutifs. Le 23 novembre, Seeckt décrète l'interdiction, au niveau national, du NSDAP, du DVFP et du KPD. Toutes les organisations communistes sont dissoutes. La mesure restera en vigueur jusqu'à la levée de l'état d'exception par Ebert, le 28 février 1924 (en Bavière le KPD reste interdit entre le 11 novembre 1923 et le 14 février 1925), mais les unités d'intervention prolétariennes resteront interdites aussi après cette date.

Afin d'empêcher que son influence de masse recule davantage, le 2 novembre la direction du SPD décide de retirer ses ministres du gouvernement discrédité. [Chronologie ] Le 23 novembre, l'Assemblée nationale refuse la confiance au gouvernement dirigé par G. Stresemann, celui-ci démissionne. Le 28, a lieu la constitution du premier gouvernement dirigé par Wilhelm Marx (député depuis 1899, depuis 1920 président du Zentrum), minoritaire formé de Zentrum, DVP, DDP. Le 3 décembre, le nouveau chancelier réunit les dirigeants des partis pour obtenir du SPD qu'il vote la loi des pleins pouvoirs. Aussi ce compromis n'est-il pas accepté sans résistances: le groupe parlementaire du SPD ne décide de voter les pleins pouvoirs, le 8 décembre, que par 73 voix contre 53.

En novembre 1918, le conseil des mandatés du peuple avait déclaré la mise en oeuvre de la durée journalière du travail de huit heures, puis cette disposition avait été confirmée par l'accord sur le Groupe central de travail constitué en décembre 1918. Des décrets avaient matérialisé ce principe, mais dans le cadre de dispositions transitoires venant à expiration en novembre 1923. À l'approche de l'échéance, employeurs et syndicats négocient des accords. [Chronologie  ] Le 29 novembre un accord est conclu dans le secteur des mines: la durée des équipes de 7 heures est prolongée à 8 heures. Les 13 et 14 décembre, des négociations aboutissent entre les syndicats de la métallurgie et le Groupe Nord-Ouest de l'Association d'industriels du fer et de l'acier allemands: la durée hebdomadaire du travail ‑ pour une semaine de six jours ‑ dans l'industrie sidérurgique, en excluant les pauses, est fixée à 59 heures en moyenne, dans les entreprises de transformation à 57 heures 1/2. Sur la base de la loi des pleins pouvoirs, le ministre du travail Heinrich Braun, le 21 décembre, édicte un décret sur le temps de travail. La durée journalière de huit heures est maintenue, mais de façon purement formelle: elle est assortie de diverses dispositions sur les heures supplémentaires, le dépassement peut aller jusqu'à une limite de 10 heures journalières. Sur cette base une partie importante des conventions collectives inclura des dispositions concernant des heures supplémentaires de 6 heures, voire de 12[81]. Une étude menée par les syndicats en mai 1924 constate que près de 55 % des employeurs recensés ont instauré une durée du travail supérieure à 48 heures, 13 % supérieure à 54 heures.

Le 18 février 1924, un accord intervient entre H. v. Seeckt et l'armée bavaroise. Le 19, l'état de siège est levé. Le procès des responsables du putsch du 8 novembre 1923 commence le 26 février. [Chronologie ] Il est clos le 1er avril par la condamnation d'A. Hitler à 5 ans de prison; il sera cependant relâché après huit mois.

En avril 1925 se tiennent des élections présidentielles, le deuxième tour a lieu le 26. P. v. Hindenburg est élu. La direction du SPD n'avait fait aucune offre de négociation au KPD. Avant même que le KPD, conformément à une recommandation du Comité exécutif de l'IC de début avril, ait pu soumettre au SPD la proposition de présenter en commun un candidat appartenant au SPD ou aux syndicats, la décision de soutenir la candidature de Wilhelm Marx (Zentrum) avait déjà été prise par la direction du SPD[82]. Le candidat du KPD, E. Thälmann, obtient 6,4 % des voix.

Ainsi, ce fut au bout de 5 ans environ que la bourgeoisie allemande aura réussi à rétablir les assises de son pouvoir, momentanément ébranlées par la situation de guerre et ses conséquences. Cette période sera la prémisse de celle qui lui succèdera, et qui sera caractérisée par un développement du capitalisme allemand dans un cadre relativement stable. Mais en même temps, les bases auront été jetées sur le plan politique, des facteurs qui se conjugueront ultérieurement avec la situation de crise économique apparaissant en 1929. En ce qui concerne le sujet dont nous traitons ici, il s'agit essentiellement du fait que les forces politiques d'extrême-droite ont pu tirer profit de circonstances favorables pour traverser une période de gestation, leur permettant de se structurer en vue de la prise du pouvoir. En résumé, non seulement la social-démocratie aura fait le lit du fascisme: sans vergogne, elle aura couché avec.

Le 31 mai 1924 se tient à Halle une réunion de la Centrale du KPD[83]. Le 11 mai les unités de défense liées au DVFP et au NSDAP avaient mobilisé pour une “Journée allemande” dans cette ville. Les communistes avaient entrepris de perturber la marche, la police avait ouvert le feu, causant 8 morts et 16 blessés graves. La Centrale aboutit à la conclusion de constituer des unités de défense propres, capables de protéger le mouvement ouvrier contre des attaques de la part de la police ou de l'extrême droite. Il est décidé de créer une telle organisation sous le nom de “Ligue rouge de combattants du Front” (“Roter Frontkämpferbund”, RFB)[84]. C'est ainsi que s'intitulèrent à Halle les unités d'intervention prolétariennes, interdites[85]. Afin de mettre en oeuvre l'édification du RFB de façon progressive, sont choisies d'abord les régions de Halle-Merseburg et Grand-Thüringen. Le premier groupe du RFB est formé en juillet 1924 à Hildburghausen, en Thüringen, puis à Halle le même mois, ensuite en aout à Chemnitz et à Dresde, en septembre à Leipzig. Le 1er février 1925 se tient à Berlin la 1e conférence nationale du RFB[86]. Elle désigne E. Thälmann comme président, avec Willi Leow comme adjoint. Le 21 mai se tient à Berlin la 2e Conférence nationale, puis le 3 juin 1927 la 3e[87]. Une réunion pour établir le RFB en Bavière est convoquée à Nürnberg en juillet 1925, mais elle est interdite par les autorités[88]. Ce n'est que le 2 avril 1928 que l'interdiction du groupe local de Dortmund sera levée et que des unités du RFB pourront être créées en Bavière.

KPD: luttes d'orientation

Du 12 au 17 juillet 1925 se tient le 10e Congrès du KPD à Berlin. Depuis le printemps une partie du groupe autour de R. Fischer et A. Maslow, notamment W. Scholem, I. Katz et A. Rosenberg avaient formé une nouvelle opposition[89]. Au congrès Fischer, soutenue par E. Thälmann, E. Schneller et H. Remmele, les critiquent. Une nouvelle direction, appelée maintenant Comité central, est élue[90]. Sont membres Konrad Blenkle, Philipp Dengel, H. Eberlein, Fischer, W. Florin, O. Geschke, A. Gohlke, F. Heckert, Maslow, W. Pieck, Remmele, Fritz Schimanski, Joseph Schlaffer, P. Schlecht, F. Schmidt, Schneller, Scholem, Wilhelm Schwan, Thälmann, Hugo Urbahns; et candidats: Paul Bertz, A. Ewert, Otto Kühne, Josef Lenz (pseudonyme Joseph Winternitz), John Schehr, Max Strötzel, Jean Winterich[91]. D. Manuilskij, présent au congrès au nom de l'Internationale communiste, avait demandé en vain que la direction ne soit pas composée exclusivement de membres du groupe autour de Fischer, mais que soient représentées également les deux autres orientations. En novembre 1925 le bureau politique est composé comme suit: Blenkle, Dengel, Ewert, Geschke, Schneller, Schwan, Remmele, Thälmann.

[Interventions de E. Thälmann au congrès: Documents   ]

Du 12 au 14 aout 1925, des discussions ont lieu entre le présidium du Comité exécutif de l'IC et des représentants du Comité central du KPD[92]. Il en résulte une Lettre ouverte du Comité exécutif de l'Internationale communiste critiquant la situation qui prévaut au sein du KPD. [Documents ] Le 20 aout une majorité du Comité central approuve la lettre ouverte contre la voix de J. Lenz (Winternitz); font partie de cette majorité entre autre K. Blenkle, Ph. Dengel, H. Eberlein, A. Ewert, W. Florin, O. Geschke, F. Heckert, W. Pieck, H. Remmele, E. Thälmann, J. Schehr, E. Schneller, J. Winterich. Les 31 octobre et 1er novembre se tient la 1e Conférence nationale du KPD[93]. Les délégués ont été désignés sur la base de cellules d'entreprise. Le 11 novembre, E. Thälmann devient président du Bureau politique. La direction comprend notamment Dengel, Schneller, Ernst Meyer, Ewert. R. Fischer, A. Maslow et W. Scholem sont exclus du Comité central, puis le seront du Parti (Fischer et Maslow en aout 1926, Scholem en novembre 1926)[94]. Seront également exclus I. Katz (en janvier 1926) et H. Urbahns (en novembre 1926); A. Rosenberg quittera le Parti en avril 1927.

Dans le domaine syndical, le 3e congrès de l'Internationale syndicale rouge (ISR) en juillet 1924, puis le congrès du KPD de juillet 1925 avaient adopté des résolutions en vue de l'intégration de toutes les organisations particulières dans les unions correspondantes de l'ADGB[95]. En septembre 1921 avait été constituée l'“Union des travailleurs manuels et intellectuels” (“Verband der Hand- und Kopfarbeiter”), par la fusion de trois syndicats n'appartenant pas à l'ADGB, qui s'étaient constitués après novembre 1918: l'Union des travailleurs manuels et intellectuels ayant son siège à Berlin, l'Union libre de travailleurs tendance Gelsenkirchen (Freie Arbeiter-Union Richtung Gelsenkirchen, FAU-Gelsenkirchen) ‑ distincte de l'Union libre de travailleurs d'Allemagne (Freie Arbeiter-Union Deutschlands, FAUD), anarchosyndicaliste ‑, et l'Union de travailleurs agricoles (Landarbeiterverband) ayant son siège à Braunschweig[96]. Au niveau international, l'Union ainsi créée avait adhéré à l'ISR. Suite à la réévaluation de la situation opérée en 1924-1925, la dissolution de l'Union des travailleurs manuels et intellectuels est mise en oeuvre. Le processus est achevé pour l'essentiel en automne 1925; des restes de l'Union dissoute existeront encore jusqu'en 1929.

Le 25 novembre 1925, le KPD publie un projet de loi prévoyant l'expropriation sans dédommagement des dynasties princières au pouvoir jusqu'en 1918[97]. Le 4 décembre le Rote Fahne publie une lettre ouverte du Comité central du KPD au SPD et aux syndicats libres les appelant à exiger en commun avec le KPD un référendum (Volksentscheid)[98] sur cette question. Le 23 janvier 1926, KPD, SPD et ADGB déposent officiellement le projet de loi. Un plébiscite (Volksbegehren) pour appuyer la démarche a lieu du 14 au 17 mars et obtient plus de 12 millions de voix, mais le 6 mai le Parlement rejette le projet de loi. Le 20 juin est organisé le référendum correspondant, qui en cas de succès confèrerait force de loi au texte. La procédure obtient plus de 14 millions de voix favorables, mais le seuil nécessaire (situé à près de 20 millions) n'est pas atteint.

Du 17 février au 15 mars 1926 se tient le 6e plénum, élargi, du Comité exécutif de l'IC (le 5e plénum, élargi, s'était tenu du 21 mars au 6 avril 1925)[99]. Pour le KPD, H. Remmele, E. Thälmann et C. Zetkin sont élus comme membres du Présidium (et pas de candidat). Thälmann est désigné comme adjoint du président du Comité exécutif, O. Geschke comme membre du secrétariat. Les problèmes posés par la situation au sein du KPD occupent une place importante dans les discussions. Thälmann intervient à plusieurs reprises [Documents  ], ainsi que J. Staline [Documents ]. On peut encore citer un certain nombre de discours de Thälmann dans les mois consécutifs [Documents   ]. Thälmann intervient également au 7e plénum, élargi, tenu du 22 novembre au 16 décembre 1926, [Documents   ]. À ce dernier plénum, la décision est prise d'écarter G. Zinoviev de la direction de l'IC[100]; pour le KPD, outre les membres du présidium élus au 6e plénum, Geschke est désigné comme candidat, et Remmele entre au secrétariat.

Du 2 au 7 mars 1927 se tient à Essen le 11e Congrès du KPD. E. Thälmann intervient à plusieurs reprises. [Documents   ] Le congrès adopte de nouveau statuts du Parti. [Documents ] Le Comité central désigné comprend K. Becker, Adolf Betz, K. Blenkle, Franz Dahlem, Ph. Dengel, Paul Dietrich, H. Eberlein, A. Ewert, Leo Flieg, W. Florin, Max Gerbig, O. Geschke, Arthur Golke, Walter Hähnel, F. Heckert, Wilhelm Hein, Paul Merker, E. Meyer, W. Münzenberg, Michael Niederkirchner, Helene Overlach, W. Pieck, H. Remmele, J. Schlaffer, E. Schneller, Hans Schröter, Fritz Schulte, G. Schumann, W. Stoecker, E. Thälmann, W. Ulbricht, J. Winterich, John Wittorf, C. Zetkin, Julius Biefang[101]. À cela s'ajoutent comme candidats: Albert Bassüner, Franz Bellemann, Gerhart Eisler, Karl Fischer, Heinrich Galm, Paul Grasse, Ernst Grube, Joseph Hark, Erich Hausen, Hans Kollwitz, W. Leow, Heinz Neumann, Paul Maslowski, Alfred Noll, J. Schehr, Heinrich Süßkind, Heinrich Wesche, J. Lenz (Winternitz). Le Bureau politique est composé de Thälmann comme président, Dengel, Eberlein, Ewert, Heckert, Merker, Meyer, Remmele et Schneller comme membres ainsi qu'Eisler, Pieck et Süßkind comme candidats; en outre Flieg occupe la fonction de secrétaire du Bureau politique. Le Secrétariat politique est formé de Dengel, Ewert, Meyer et Thälmann.

Du 9 au 25 février 1928, se tient le 9e plénum, non élargi, du Comité exécutif de l'IC. (Le 8e plénum, non élargi, s'était tenu du 18 au 30 mai 1927.) Les délégués du PCUS(b) et du KPD adoptent une résolution commune relative à la situation du KPD[102]. [Documents ] Les signataires pour le KPD sont Ph. Dengel, G. Eisler, A. Ewert, H. Neumann, H. Remmele et E. Thälmann. La délégation du KPD au présidium reste inchangée.

Du 17 juillet au 1er septembre 1928 se tient le 6e Congrès de l'Internationale communiste. Il adopte un Programme de l'IC, commun à l'ensemble des sections nationales. Thälmann intervient à plusieurs reprises. [Documents  ] Après le congrès, il en rend compte dans un article publié par le Rote Fahne. [Documents ]

Le Comité exécutif de l'IC désigné par le congrès comprend pour le KPD: Ph. Dengel, W. Pieck, H. Remmele, E. Thälmann, C. Zetkin comme membres; A. Ewert, F. Heckert, E. Schneller, W. Ulbricht comme candidats[103]. Remmele, Thälmann, Zetkin sont élus comme membres du Présidium (et pas de candidat).

La composition complète du Comité exécutif est la suivante.

Les membres sont: H. Barbé (France), Th. Bell (Grande-Bretagne), N. Boukharine (URSS), J. Campbell (Grande-Bretagne), R. Carillo (Mexique), Chatterji (Inde), Chung‑fa Hsiang (Hsiang) (Chine), Chü Chiu‑pai/Qu Qiubai (pseudonyme Tsiu Vito) (Chine), Ph. Dengel (Allemagne), H. Ferdi (Turquie), Fermin-Araja (Chili), F. Filipovič (pseudonyme B. Boškovič) (Yougoslavie), W. Foster (USA), P. Furubotn (Norvège), R. Ghioldi (Argentine), E. Gómez (Uruguay), K. Gottwald (Tchécoslovaquie), J. Jaquemotte (Belgique), B. Jilek (Tchécoslovaquie), S. Manabu (pseudonyme Kato) (Japon), K. Kilbom (Suède), V. Kolarov (Bulgarie), B. Kun (Hongrie), J. Koplenig (Autriche), F. Lacerda (pseudonyme Amerigo Ledo) (Brésil), J. Leszczyński (pseudonyme Leński) (Pologne), J. Lovestone (USA), A. Lozovskij (URSS), K. Manner (Finlande), D. Manuilskij (URSS), V. Mickiewicz-Kapsukas (Pays Baltes), V. Molotov (URSS), Musso (Indonésie), M. Pauker (pseudonyme Popescu) (Roumanie), W. Pieck (Allemagne), O. Pjatnitskij (URSS), E. Próchniak (Pologne), H. Remmele (Allemagne), A. Rykov (URSS), O. Samuelson (Suède), P. Sémard (France), N. Skrypnik (URSS), B. Šmeral (Tchécoslovaquie), M. Spector (Canada), J. Staline (URSS), Su Chao‑cheng/Su Zhaozheng (pseudonyme Li‑Kuang) (Chine), Syphneios (Grèce), A. Tasca (pseudonyme Serra) (Italie), E. Thälmann (Allemagne), M. Thorez (France), P. Togliatti (pseudonyme Ercoli) (Italie), F. Wieser (Suisse); pour l'International communiste des Jeunes: C. Blenkle, R. Chitarov, W. Rust; mandat individuel: J. Humbert-Droz, S. Katayama, O. Kuusinen, C. Zetkin.

Les candidats sont: Chang Kuo‑tau (pseudonyme Chang Piao) (Chine), Chou En‑lai (pseudonyme Chen Kuang) (Chine), Darsono (Indonésie), G. Dimitrov (Bulgarie), D. Djaković (pseudonyme Bosnić) (Yougoslavie), J. Doriot (France), I. Drabkin (pseudonyme S. Gusev) (URSS), A. Ewert (Allemagne), B. Frachon (France), B. Gitlow (USA), S. Gopner (URSS), R. Grieco (pseudonyme Garlandi) (Italie), A. Hansen (Norvège), F. Heckert (Allemagne), A. Horner (Grande-Bretagne), M. Hubelmann (pseudonyme E. Jaroslavskij) (URSS), O. Huiswoud (USA), J. Kavanagh (Australie), G. Knorin (pseudonyme Sokolik) (Pologne), López (Cuba), T. Malaka (Afrique du Sud), V. Mojrova (URSS), G. Monmousseau (France), D. Naoradji (Inde), Pascal (Espagne), H. Pollitt (Grande-Bretagne), N. Popov (pseudonyme Lovickij) (Pologne), L. Purman (Pologne), P. Reiman (Tchécoslovaquie), Riasco‑Giulio (Colombie, Équateur), E. Schneller (Allemagne), Shauki/Šauki (Égypte, Palestine, Syrie), H. Sillen (Suède), Th. Thögersen (Danemark), Turini (Italie), W. Ulbricht (Allemagne), J. Vercik (Tchécoslovaquie), L. de Visser (Pays-Bas), M. Watanabe (pseudonyme Asano) (Japon), A. Zápotocký (Tchécoslovaquie); pour l'International communiste des Jeunes: F. Billoux, Hwan Li/Guan‑li; mandat individuel: J. Varga.

Un présidium est désigné composé de la manière suivante. Les membres sont: Barbé, Sémard, Bell, Boukharine, Lozovskij, Manuilskij, Molotov, Pjatnitskij, Staline, Jilek, Šmeral, Remmele, Thälmann, Manabu, Kolarov, Kun, Próchniak, Chü Chiu‑pai, Gitlow, Musso, Kilbom, Tasca, Togliatti, Katayama, Kuusinen, Zetkin, Humbert-Droz; pour l'International communiste des Jeunes: Chitarov. Les candidats sont: Pollitt, Heckert, Leszczyński, Purman, Chang Kuo‑tau, Foster, Hansen; pour l'International communiste des Jeunes: Rust.

Le présidium désigne un secrétariat politique. Sont membres Barbé, Bell, Boukharine, Kuusinen, Molotov, Pjatnitskij, Remmele, Tasca, Chü Chiu‑pai, Šmeral, Humbert-Droz; sont candidats Manuilskij, Lozovskij, Chitarov.

En septembre, E. Thälmann fait l'objet d'une controverse[104]. Au printemps de l'année, John Wittorf, membre du Comité central du KPD et secrétaire politique de la direction du district Wasserkante ainsi que candidat du Parti pour les élections à l'Assemblée nationale qui s'étaient déroulées en mai, avait détourné des sommes d'argent collectées pour la campagne électorale. E. Thälmann ainsi que quelques autres dirigeants étaient informés des faits. Compte tenu de la campagne électorale en cours, ils considéraient préférable de ne pas donner de la résonance à ce problème dans l'immédiat. Cependant, durant l'absence de Thälmann du fait de sa participation au congrès de l'IC, l'affaire fut dévoilée. Le 26 septembre, le Comité central décide de suspendre Thälmann dans l'exercice de ses fonctions et de saisir le Comité exécutif de l'IC conformément aux statuts de celui-ci, Thälmann en étant membre. Or, au-delà de cette mesure interne au Parti, toute la question est exposée publiquement le lendemain dans le Rote Fahne. Le 6 octobre le présidium du Comité exécutif de l'IC adopte une résolution critiquant la mesure prise à l'encontre de Thälmann. Le 18, le Comité central du KPD délibère de nouveau et cette fois-ci annule la suspension de Thälmann, par un vote de 26 voix pour et 6 contre (9 pour et 3 contre chez les candidats).

À la suite du 6e congrès de l'Internationale communiste, se tient les 3 et 4 novembre 1928 à Berlin la 2e Conférence du KPD. Elle adopte deux résolutions relatives au congrès de l'IC.

Extraits de la résolution sur le 6e congrès de l'IC[105]:

IX.

Le 6e Congrès mondial a attiré l'attention de tous les communistes sur l'importance accrue du danger opportuniste de droite dans notre propre camp. [...] La fraction de droite dans le KPD (groupe Brandler-Thalheimer-Walcher-Frölich-Hausen) [...] tente de pousser le Parti de la voie de la révolution prolétarienne vers la voie du réformisme démocratique, et d'effectuer, à la place de la lutte contre la social-démocratie contrerévolutionnaire, un rapprochement à la social-démocratie, en particulier à leurs dirigeants “de gauche”, ces agents les plus dangereux de la bourgeoisie dans la classe ouvrière. [...] La fraction de droite a rompu idéologiquement et politiquement avec les principes du communisme et se trouve dans un même front avec les ennemis de la révolution prolétarienne.

X.

Le 6e Congrès mondial engage tous les communistes à mener, simultanément avec la lutte contre le danger opportuniste de droite, la lutte "systématique" contre la position conciliatrice envers les courants de droite; il a souligné la nécessité de cette lutte systématique en particulier pour le KPD. Les groupes conciliatrices dans le KPD sous la direction des camarades Ewert et Gerhart a commencé déjà avant le 6e Congrès mondial, [...] de réviser le cours à l'intérieur du Parti en faveur des éléments opportunistes, de droite.

[Citation dans l'original ]

Extraits de la résolution au sujet du programme de l'IC [106]

Le CC du KPD voit dans le programme du Komintern adopté à l'unanimité par le 6e congrès mondial un exposé clair, conséquent, des principes du marxisme-léninisme et leur application correcte à notre époque, l'époque de la révolution mondiale. Le CC salue la création de ce document de signification historique mondiale comme un signe de la maturité et l'unité du Parti communiste mondial. Le CC déclare que ce programme doit former la base de l'ensemble de l'activité du KPD ainsi que de toutes les autres sections du Komintern.

[Citation dans l'original ]

Le 19 décembre 1928, le présidium du Comité exécutif de l'Internationale communiste adopte une Lettre ouverte à tous les membres du KPD sur le danger de droite dans le Parti communiste d'Allemagne[107]. (Cf. un discours de J. Staline qui aborde notamment ce sujet: Documents .) Le 21, le Bureau politique du KPD approuve la lettre, en son sein seul E. Meyer vote contre[108]. Le Bureau politique exclut du Parti J. Walcher, P. Frölich, August Enderle, Max Köhler, Albert Schreiner, Hans Tittel, Alfred Schmidt[109] et Karl Rehbein. H. Brandler et A. Thalheimer, formellement membres du PCUS(b), sont exclus de leur côté en janvier 1929. Finalement, le Comité central du KPD adopte une résolution au sujet de la lettre ouverte, durant une réunion tenue les 24-25 janvier 1929[110].

Le 29 décembre un certain nombre de ces exclus du KPD ensemble avec des opposants encore membres de celui-ci, forment le “Parti communiste d'Allemagne (Opposition)” (“Kommunistischen Partei Deutschlands (Opposition)”, KPO). Parmi les fondateurs figurent des anciens membres du Comité central[111]: A. Thalheimer 1919–1924, P. Frölich 1919–1923, H. Brandler 1919–1924, J. Walcher 1920–1924, Rosi Wolfstein 1920–1923, Heinrich Galm 1927–1928, Erich Hausen 1927–28. Venant du KPD, participent également Otto Engert, Dagobert Lubinski, Irmgard Rasch, Robert Siewert. Un rapprochement s'opère entre le KPO et une autre organisation fondée précédemment par un groupe d'exclus du KPD, la Ligue Lénine (Leninbund). Cette dernière s'était constituée les 8 et 9 avril, avec H. Urbahns comme président[112]. Au départ, elle s'était fixé comme objectif le "regroupement organisationnel de tous les communistes au sein et en dehors du Parti communiste d'Allemagne qui, en rejetant le stalinisme, sur le terrain des principes léninistes, luttent pour la réunification de tous les communistes en Allemagne et dans l'Internationale communiste" [citation dans l'original ]. Mais rapidement elle avait modifié son orientation en se dirigeant vers la constitution d'un parti communiste comme alternative au KPD. Il en résulta la défection d'un certain nombre de membres fondateurs, à savoir W. Scholem, M. Hesse, R. Fischer, A. Maslow, P. Schlecht, F. Schimanski et Bruno Mätzchen. Bien qu'ayant des points communs avec les positions propagées par L. Trotsky, la Ligue Lénine divergeait de la perspective envisagée par celui-ci, de réorienter de l'intérieur l'Internationale communiste et ses partis membres. Ainsi les militants trotskistes proprement dits seront exclus de la Ligue Lénine en 1930.

Le KPD cible du SPD

Le 13 décembre 1928, le préfet de police de Berlin Karl Zörgiebel (SPD) interdit pour un temps indéterminé les manifestations et rassemblements en plein air. Sous une forme modifiée, la mesure restera en vigueur jusqu'au 3 juin 1929. Le 21 mars 1929, le ministre de l'intérieur de Prusse Albert Grzesinski (SPD) étend cette interdiction à toute la Prusse. Il complète cette décision par une campagne de menaces. Ainsi, dans un appel diffusé le 23 par voie de presse ‑ le texte parait notamment le 24 dans l'organe du SPD, le Vorwärts ‑, il précise[113]:

Je réitère donc aujourd'hui une fois de plus très sérieusement ma mise en garde à toutes les organisations politiques, unions et aux dirigeants des partis politiques qui leur sont proches [...]. Au cas où il se trouverait que cette ultime tentative [...] se perde sans être entendue, alors, pour le bien de la population pacifique et désireuse de paix, je procèderai impitoyablement contre les organisations radicales par tous les moyens à ma disposition. Ce faisant, je ne reculerai pas devant la dissolution d'unions et associations qui en même temps ont la forme de partis politiques. [...]

Le 12 avril, le KPD adopte un appel à manifester le 1er mai qui indique notamment: "La social-démocratie est la meilleure troupe de protection pour la bourgeoisie allemande, est le large bélier d'attaque du fascisme et de l'impérialisme." [Documents ] [Citation dans l'original ] Pour préparer la manifestation du 1er mai, des comités sont constitués dans de nombreux quartiers de Berlin[114]. Le premier est organisé le 26 mars à l'usine de turbines d'AEG; le 12 avril est formé le Comité de Grand-Berlin, le “Comité de Mai des travailleurs berlinois” [“Maikomitee der Berliner Arbeiterschaft”], avec 60 membres venant de plus de 600 organisations, notamment de syndicats d'entreprises.

Le 26 avril, le Comité de Grand-Berlin publie un appel à manifester le 1er mai malgré l'interdiction [Documents ]:

Dans toutes les entreprises les travailleurs berlinois ont décidé de cesser le travail le 1er Mai et de manifester en toutes circonstances. Cette année encore, malgré Zörgiebel, les travailleurs berlinois resteront fidèles à la tradition du défilé de lutte le 1er Mai.

Le préfet de police social-démocrate Zörgiebel procède fébrilement à des préparatifs, pour faire intervenir sa police contre les masses des travailleurs en manifestation. Selon l'aveu de journaux sociaux-démocrates eux-mêmes Zörgiebel prépare "de sang-froid l'assassinat de travailleurs pour le 1er Mai" et procède à des préparatifs pour "faire du 1er mai une journée de morts". Le comité de mai des travailleurs berlinois, élu par les représentants des principales grandes entreprises et de nombreuses organisations ouvrières, met en garde le préfet de police. Même à Munich réactionnaire, même à Hambourg, à Kiel, en Schleswig-Holstein ‑ partout les interdictions de manifester ont été levées pour le 1er mai. Seul le préfet Zörgiebel veut provoquer le 1er mai un bain de sang parmi la manifestation non armée des travailleurs berlinois. Le comité de mai berlinois déclare au nom des travailleurs berlinois, que le personnel des entreprises répondra par la grève politique de masse le 2 mai, si Zörgiebel ose faire couler du sang d'ouvrier le 1er mai.

[Citation dans l'original ]

Le 27 avril, K. Zörgiebel confirme l'interdiction des manifestations et rassemblements, en menaçant ceux qui pourraient passer outre[115]: "Car je suis décidé à imposer l'autorité de l'état à Berlin par tous les moyens à ma disposition." Ces déclarations visent précisément les organisations communistes qui affirment leur volonté de manifester à l'occasion de la journée du 1er mai. Ainsi Zörgiebel, dans l'article cité, appelle la population à ne pas suivre les appels du KPD, puisque celui-ci agit selon les orientations de Moscou et: "Ainsi selon la volonté des communistes, le 1er mai dans les rues de Berlin le sang doit couler!". Le Vorwärts aussi formule ce type d'accusations[116].

Le 30 avril, le Rote Fahne publie un appel s'adressant aux membres des forces de police[117]:

Nous, les communistes, vous disons à vous, les fonctionnaires, que les travailleurs ayant une conscience de classe, qui demain sortiront dans la rue sous les drapeaux du Parti communiste, n'ont aucun intérêt à des affrontements; c'est pourquoi ils marcheront sans armes; il vous appartient de montrer que vous n'êtes pas des instruments sans volonté, des officiers. [...] Ne matraquez pas, ne tirez pas sur vos frères de classe marchant sans armes!

[Citation dans l'original ]

Le 1er mai, dès le matin, se forment des cortèges dans différents lieux de la ville, pour se rendre des quartiers périphériques vers le centre. La police intervient, utilisant matraques, canons à eau, et aussi armes à feu. Les manifestants rejoignent les participants des réunions syndicales à la sortie des salles. Ils se comptent par dizaines de milliers; selon des estimations, jusqu'à 200 000 manifestants se trouvent ainsi entre Alexanderplatz et Potsdamer Platz, à un moment ou un autre de la journée. En milieu de journée, en faisant l'usage des armes, la police investit l'une des principales salles de réunion (Kliems Festsäle) où sont rassemblés 3000 participants. À différents endroits des affrontements violents ont lieu entre manifestants et police. La police fait intervenir des véhicules blindés. L'après-midi, dans les quartiers Wedding et Neukölln, des manifestants passent à l'offensive, érigeant des barricades.

Le 2 mai, le KPD lance un appel à la grève avec notamment les consignes: "Décidez la grève politique de masse contre les assassins de travailleurs!", "À bas la social-démocratie, le parti d'assassins taché de sang!" [Citation dans l'original ]. [Documents ] Les affrontements se prolongent jusque dans la nuit du 3 au 4 mai. Le matin du 3, l'état d'exception est déclaré dans les quartiers Wedding et Neukölln[118]: "Des personnes qui se déplacent dans la rue sans destination déterminée seront arrêtées. Il est interdit que trois personnes ou plus se déplacent ensemble. [...] Les personnes qui ne respectent pas ces dispositions risquent leur vie." Cette mesure restera en vigueur jusqu'au 6. Le bilan des affrontements est de plus de 30 morts, et plus de 1200 personnes arrêtées[119]. Pour protester contre le massacre, 25 000 travailleurs à Berlin et 50 000 dans toute l'Allemagne se mettent en grève. Le 2 mai, le gouvernement de Prusse interdit l'organe du KPD, Rote Fahne; la mesure restera en vigueur sept semaines. La Ligue rouge de combattants du Front (RFB) et les organisations associées ‑ Front rouge de la jeunesse (Rote Jungfront), Marine rouge (Rote Marine) ‑ seront interdites en Prusse et en Bavière le 6, les jours suivants également en Saxe, Hambourg, Lippe-Detmold, Mecklenburg-Strelitz, Baden et Thüringen. A. Grzesinski préconise également l'interdiction du KPD mais C. Severing, devenu ministre de l'intérieur du Reich l'année précédente, considère la mesure difficile à mettre en oeuvre[120]. Ainsi, le RFB sera contraint à se maintenir dans la clandestinité, et ceci jusqu'à la prise du pouvoir par les national-socialistes. L'existence de structures organisationnelles sera désormais fortement limitée. Néanmoins, par exemple, le 27 novembre, des groupes du RFB en uniforme défilent à Nürnberg[121].

Après les évènements de début de mai, le SPD poursuit sa campagne de propagande contre le KPD. Il diffuse une brochure intitulée "Der Mai-Putsch ‑ Die Schuld der Kommunisten an den blutigen Maivorgängen 1929 in Berlin". Voici des extraits[122]:

La direction centrale du Parti communiste a profané la grande idée de la journée de fête mondiale prolétarienne, par une campagne de dénigrement dépourvue de sens et de dignité, de travailleurs contre travailleurs, il a trainé l'idée de lutte puissante du 1er mai dans la boue d'une comédie de barricades criminelle, dans la folie d'une "action armée".

Or, plus gravement encore que notre accusation pèse la responsabilité et le crime de ceux qui portent la responsabilité des évènements sanglants. La culpabilité et la responsabilité pour ce qui est arrivé et arrivera encore, doivent être établies de façon claire et implacable dans l'intérêt de l'unité et de la pureté du mouvement ouvrier. Car ici il s'agit d'un crime envers l'ensemble des travailleurs allemands. Les évènements des premiers journées de mai n'ont pas été l'éruption spontanée d'une volonté de masse unifiée, ils n'ont pas été le signe avant-coureur ni la conséquence de grands évènements se déroulant inexorablement. Plutôt, la tragédie sanglante du 1er Mai a été le résultat, préparé de façon planifié et voulu consciemment, d'un travail d'excitation marqué de rage aveugle, dont la raison plus profonde est l'impuissance, devenant toujours plus clair, de l'Internationale communiste, et dont l'objectif est la destruction de la social-démocratie et l'instauration de la dictature communiste.

[Citation dans l'original ]

Du 8 au 15 juin 1929 se tient à Berlin-Wedding le 12e congrès du KPD. Il publie un manifeste, qui se réfère notamment aux évènements du 1er mai  [Documents ]:

Le social-démocrate Grzesinski menace de prononcer l'interdiction du KPD et du RFB. Sur Berlin et Hambourg est déjà instauré l'état de siège. Des interdictions de manifester de la part des préfets de police social-démocrates sont déjà annoncées pour une série d'autres villes. Le préfet de police social-démocrate de Berlin, Zörgiebel, s'allie avec les dirigeants de l'ADGB en vue de l'interdiction du 1er mai. Ce qui n'a pas réussi avec l'Allemagne de Guillaume, ce que Jagow[123] et Keudell[124] n'ont pas accompli ‑ les laquais social-démocrates de la bourgeoisie des trusts veulent l'accomplir.

[Citation dans l'original ]

Le congrès adopte également une résolution, dont voici un extrait [Documents ]:

La bourgeoisie a de plus en plus recours, de plus en plus sciemment, de plus en plus rapidement, à des méthodes fascistes et dictatoriales de défense de sa domination de classe contre le prolétariat. La liquidation des vestiges de la pseudo-démocratie bourgeoisie a été engagée. L'instauration de la dictature ouverte du capital financier, débarrassée des limites de la démocratie formelle a été mise à l'ordre du jour.

[Citation dans l'original ]

Le Comité central [Zenralkomitee] élu par le congrès est composé de la manière suivante[125]: sont membres Joseph Büser, F. Dahlem, Ph. Dengel, L. Flieg, W. Florin, O. Geschke, Ernst Grube, A. Golke, Walter Häbich, Margarete Hahne, Fritz Hastenreiter, F. Heckert, W. Hein, Wilhelm Kasper, Robert Klausmann, W. Koenen, Karl Küll, J. Lenz, Willy Leow, Friedrich Lux, P. Merker, W. Münzenberg, Heinz Neumann, M. Niederkirchner, Gustav Nitsche, H. Overlach, W. Pieck, Gustav Pötsch, H. Remmele, Rudolf Renner, Helene Rosenhainer, J. Schlaffer, F. Schulte, W. Stoecker, E. Thälmann, W. Ulbricht, Karl Winter, J. Winterich; sont candidats Paul Bertz, Klara Blinn, Philipp Daub, Karl Fischer, Walter Kassner, Hans Kippenberger, Willi Koska, Frida Krüger, Karl Kübler, Albert Kuntz, Kurt Müller, Alfred Noll, Max Opitz, H. Pfeiffer, Siegfried Rädel, J. Schehr, Albert Schettkat, Heinrich Schmidt[126], Hermann Schubert, Fritz Schuldt, Franz Stenzer, Arthur Ullrich, Otto Voigt, Willi Voigt, Erna Weber.

Le Bureau politique est composé comme suit. Comme président: E. Thälmann; comme secrétaire: L. Flieg; comme membres: F. Dahlem, W. Florin, F. Heckert, P. Merker, W. Pieck, H. Remmele, F. Schulte, W. Ulbricht, J. Winterich; comme candidats: W. Hein, W. Kasper, H. Neumann, H. Overlach. Le secrétariat politique est composé de Thälmann, Remmele et Neumann.

Pour les interventions d'E. Thaelmann, cf. Documents   .

En juillet 1929 Thaelmann participe au 10e plenum du Comité exécutif de l'IC: Documents  . En octobre se tient un plenum du Comité central du KPD: Documents . Le 12 congrès est le dernier avant la prise du pouvoir par les national-socialistes. Ce n'est qu'en octobre 1935 que se tiendra la dénommée Conférence de Bruxelles du KPD, considérée comme 13e congrès.

La confrontation avec les agissements des dirigeants social-démocrates se manifeste en particulier dans le domaine de l'activité syndicale. Du 17 mars au 3 avril 1928 se tient le 4e congrès de l'Internationale syndicale rouge qui discute de cette problématique, laquelle est traitée également au 6e congrès de l'Internationale communiste qui se tient du 17 juillet au 1er septembre[127]. L'accent est mis sur la nécessité de contrer plus efficacement l'emprise des réformistes sur la conduite des luttes pour des revendications économiques, et de lever notamment l'obstacle considérable que constitue la ligne de conduite répandue selon laquelle il faut respecter aussi bien la légalité que la discipline vis-à-vis des consignes émanant des directions syndicales. Concernant ce dernier aspect, la modification de la tactique revient à abandonner la position antérieure, formulée par exemple dans une résolution adoptée en mars 1926 par le Comité exécutif de l'IC en relation avec la formation par le Parti de fractions au sein des organisations syndicales[128]. En effet il était précisé[129]: "Ce travail syndical communiste s'effectue dans le cadre des statuts et des décisions des syndicats concernés." [Citation dans l'original ]

Comme élément important pour aller dans le sens voulu, les décisions adoptées par l'IC, l'ISR ainsi que le KPD insistent désormais sur le besoin, en cas de conflit revendicatif, de mettre en place des directions de grève élus comprenant des travailleurs de la base, indépendamment de leur appartenance politique ou syndicale, y compris des inorganisés. Ultérieurement, cette approche du problème mènera dans une certaine mesure à la constitution d'une structure d'“Opposition syndicale révolutionnaire” (“Revolutionäre Gewerkschafts-Opposition”, RGO) destinée à regrouper les militants communistes exclus des syndicats dominés par les social-démocrates.

Ainsi le 9e plénum, non élargi, du Comité exécutif de l'IC, tenu du 9 au 28 février 1928, adopte une résolution sur la question syndicale (25 février). Voici des extraits[130]:

Avec la centralisation particulièrement rapide du capital durant la période actuelle de la croissance des organisations capitalistes (Trusts, groupes etc.) et l'imbrication de ces organisations avec l'appareil du pouvoir d'état bourgeois, les grèves ont tendance à revêtir rapidement un caractère politique, faisant entrechoquer les forces du prolétariat avec les forces de l'état bourgeois. Dans ces circonstances la tâche des communistes consiste à éclairer les masses sur les perspectives de la lutte, de mobiliser des couches aussi large que possible des travailleurs, de promouvoir de toute force leur regroupement révolutionnaire et de porter toute la lutte sur une échelle plus élevée. [...]

C'est pourquoi les communistes ont la tâche de prendre la voie d'une tactique qui rend possible d'arracher aux réformistes la direction des grèves. On doit faire tout pour prendre en main l'initiative en vue de la formation de directions de grève et pour se placer à leur tête. [...]

Chaque grève doit devenir une arène de la lutte pour la direction, entre communistes et réformistes. En conséquence de cela, l'attitude des communistes doit viser à assurer aux communistes la direction dans la grève. Il est nécessaire de mobiliser les masses sous des mots d'ordre communistes et de travailler à ce que par les organisations syndicales la propre tactique soit mise en oeuvre, à ce que l'attitude traitre des réformistes soit démasquée sur le plan de la lutte, et à ce que dans des moments propices soit organisé des grèves contre la volonté de la bureaucratie syndicale; à cette fin on doit former des directions de grève, se saisir de la direction des comités de grève et par là la direction de l'ensemble de la grève. [...]

[Citation dans l'original ]

Le 6e congrès de l'IC (juillet-septembre 1928), adopte une résolution "sur la situation internationale et les tâches de l'Internationale communiste" qui aborde aussi la question syndicale[131]:

35. Dans les pays capitalistes " avancés " où se dérouleront les combats les plus décisifs pour la dictature prolétarienne et pour le socialisme, la tactique générale des partis communistes doit être orientée contre toute " intégration " des organisations ouvrières dans les organisations capitalistes privées ou étatiques, contre l'union des syndicats avec les trusts, contre la " Paix industrielle ", contre l'arbitrage obligatoire, contre le pouvoir gouvernemental de la bourgeoisie et contre les trusts. [...]

36. Étant données la trustification intense de l'industrie, les tendances au capitalisme d'Etat, l'interpénétration des organisations de l'État et des trusts et de l'appareil des syndicats réformistes, étant donnée la nouvelle idéologie complètement bourgeoise et activement impérialiste de la social-démocratie, il faut également intensifier la lutte contre ces "partis ouvriers de la bourgeoisie". [...]

38. Dans le domaine du mouvement syndical, le congrès fait le plus énergique appel à tous les partis pour intensifier au maximum le travail, précisément sur ce secteur du front. La lutte pour l'influence des communistes dans les syndicats doit actuellement se faire d'autant plus énergique que, dans plusieurs pays, les réformistes poussent à l'exclusion des communistes (et des éléments de gauche en général) des organisations syndicales. [...] Dans ces luttes, les partis communistes, l'opposition syndicale révolutionnaire et les syndicats révolutionnaires ne pourront conquérir le rôle dirigeant que par une lutte acharnée contre la social-démocratie et la bureaucratie syndicale politiquement corrompue. [...]

Devant le front unique de l'État bourgeois, des organisations patronales et de la bureaucratie syndicale réformiste qui, ensemble, s'efforcent d'étouffer les mouvements de grève par l'arbitrage obligatoire, la tâche essentielle consiste à donner libre cours à l'énergie et à l'initiative des masses et, si la situation s'y prête, à déclencher un mouvement de grève, même contre la volonté de la bureaucratie syndicale réformiste. [...] Organiser les inorganisés, conquérir les syndicats réformistes, organiser les exclus, rattacher à la Fédération syndicale révolutionnaire, si les conditions sont propices (dans les pays où le mouvement syndical est scindé), les organisations locales qui auront été gagnées au mouvement syndical révolutionnaire, telles sont les tâches qui sont à l'ordre du jour. [...] Par suite de l'aggravation de la lutte entre le communisme et le réformisme, il est de toute importance de développer l'action des fractions syndicales communistes, de l'opposition syndicale, des syndicats révolutionnaires et de renforcer par tous les moyens le travail et l'activité de l'Internationale Syndicale Rouge.

[...]

[Citation dans l'original ]

En décembre 1928, J. Staline aborde ce sujet de la manière suivante [Documents ]:

Le mérite des communistes allemands consiste justement en ce qu'ils ne se sont pas laisser intimider par le bavardage au sujet du "cadre syndical" et qu'ils ont dépassé ce cadre, en organisant contre la volonté des bureaucrates syndicaux la lutte des travailleurs inorganisés. Le mérite des communistes allemands consiste justement en ce qu'ils ont cherché et trouvé des formes nouvelles de la lutte et de l'organisation des travailleurs inorganisés. Il est possible qu'en cela ils ont commis une série d'erreurs non essentielles. Mais une chose nouvelle ne se passe jamais sans erreur. Du constat que nous devons travailler dans les syndicats réformistes ‑ en supposant que ces syndicats soient des organisations de masse ‑, ne découle cependant nullement que nous devrions réduire notre travaille de masse à l'activité dans les syndicats réformistes, que nous devrions devenir des esclaves des normes et exigences de ces unions. Si la direction réformiste fusionne avec le capitalisme (cf. la résolution du 6e congrès de l'Internationale communiste et du 4e congrès de l'Internationale syndicale rouge), tandis que la classe ouvrière lutte contre le capitalisme, est-ce qu'alors on peut prétendre que la classe ouvrière, avec à sa tête le Parti communiste, puisse mener la lutte sans faire éclater jusqu'à un certain point le cadre réformiste existant? Il est clair qu'on ne peut pas prétendre cela sans verser dans l'opportunisme. On pourrait donc imaginer très bien une situation qui rende nécessaire de créer des associations de masse parallèles de la classe ouvrière, contre la volonté des bonzes syndicaux qui se sont vendus aux capitalistes. Une telle situation, nous l'avons déjà en Amérique. Il est tout à fait possible qu'en Allemagne également, le développement s'orientera dans cette direction.

[Citation dans l'original ]

La conférence convoquée par l'Internationale syndicale rouge, à Strasbourg, fin de janvier 1929, adopte une résolution sur la question de la tactique de grève, dont voici des extraits[132]:

[...]

Il est hors de doute qu'en rapport avec la rationalisation progressive, l'offensive du capital et l'activité croissante des masses de travailleurs, nous nous trouvons au début d'une vague montante d'affrontements politiques et économiques entre travail et capital, et que seulement une direction véritablement révolutionnaire de ces luttes peut amener la réussite dans l'épreuve de force. Cette circonstance engage les partisans de l'ISR à mettre tout en oeuvre pour arracher aux traitres réformistes la direction de la lutte et pour reprendre la direction autonome des luttes économiques.

[...] Ces déviations et tendances opportunistes sont:

- légalisme syndicale (la peur d'outrepasser les dispositions statutaires, la soumission sous les prescriptions de la bureaucratie syndicale réformiste etc.)

[...]

Dans le cas d'une situation propice à la grève et de la présence d'une motivation pour la lutte parmi les masses il faut mettre à l'avant-plan la création de la direction de grève élu par l'ensemble du personnel (y compris quand la grève est dirigée par un syndicat révolutionnaire). À ces élections doivent participer les travailleurs de toutes les tendances, et ce qu'ils soient organisés ou inorganisés.

[...]

En tant qu'organe élu par toute la masse, la direction de grève consiste forcément de travailleurs de différentes tendances.

[...]

C'est pourquoi il est nécessaire de veiller tout particulièrement à ce que les directions de grève soient protégées contre l'influence exercée par la social-démocratie et la bureaucratie syndicale réformiste, ce en quoi on doit lutter de manière décidée contre l'éventualité que des représentants officiels des fédérations réformistes soient cooptés aux directions de grève. À toutes les tentatives des réformistes de s'introduire dans les directions de grève, les partisans de la RGI doivent opposer l'exigence que la totalité des membres de la direction de grève soient élus par l'ensemble des travailleurs organisés et non organisés. De même les tentatives des réformistes de faire élire les directions de grève uniquement par des membres de fédération, doivent être combattues.

[...]

Dans la totalité des organes éligibles doivent être élu les travailleurs les meilleurs et les plus aguerris de toutes les directions: communistes, social-démocrates, chrétiens, non organisés etc.

[...]

La politique du réformisme international, qui est orienté vers un règlement “pacifique” de toutes les luttes économiques par la procédure de conciliation impérative, vers un sabotage systématique et l'étouffement des revendications des travailleurs par l'appareil fédéral réformiste, pose devant les larges masses de travailleurs le problème de la lutte pour les revendications les plus élémentaires, sans et contre la volonté de la bureaucratie syndicale réformiste. Les grèves dites “sauvages” et non officielles, c'est-à-dire des grèves telles qu'elles sont proclamées par les travailleurs sans l'aval et contre la volonté des organes centraux officiels de la fédération concernée, des grèves qui autrefois enfreignaient de temps en temps les règles syndicales, constituent maintenant la seule issue pour agir contre l'exploitation toujours plus intense et la pression croissante de la part des entrepreneurs. Des grèves sans l'aval et contre la volonté de la fédération deviennent de plus en plus fréquentes. Elles sont déjà devenues un phénomène de masse et le deviendront encore plus dans l'avenir. À cet égard résulte la tâche de reconnaitre les grèves dites “sauvages” et “non officielles”, tandis que la bureaucratie syndicale s'oriente vers le renoncement aux grèves. [...]

[Citation dans l'original ]

Le 10e plénum, non élargi, du Comité exécutif de l'IC, tenu du 13 au 19 juillet 1929, adopte des thèses intitulées "La lutte économique et les tâches des Partis communistes", relatives aux rapports présentés par Thälmann et Lozovskij[133], dont voici des extraits:

[...]

Les expériences de la lutte de grève depuis le 6e Congrès du Komintern ont justifié pleinement et entièrement l'orientation vers une direction autonome des luttes économiques, par les communistes. Une direction autonome de la lutte de grève et l'implication des non organisés dans la lutte est en premier lieu possible par la formation de directions de lutte sur une base large (directions de grève, comités pour la lutte contre les lockouts etc.), et qui doivent être élus par l'ensemble du personnel, autant par les travailleurs et travailleuses organisés que par ceux et celles non organisés. Aux temps de conflits économiques les directions de grève sont les organes principaux de la direction afin de rassembler autour d'eux les larges masses de travailleurs sur la base d'une plateforme de lutte politique et économique. [...] Les directions de lutte qui mènent les masses dans leurs actions économiques et politiques, doivent être des organisations de masse larges, sans parti, puisqu'ils ont vocation à unir des travailleurs appartenant à différents partis et à différents syndicats, ainsi que des non organisés. En tant qu'organisations de masse sans parti elles ne peuvent pourtant pas être politiquement neutres, indifférentes ou apolitiques. [...] La plateforme politique des directions de lutte est formée à partir des mots d'ordre politiques tels que les formulent les masses de travailleurs dans leurs actions. (p. ex.: lutte contre la rationalisation capitaliste, lutte contre le système de conciliation impérative, lutte contre les formations de blocs bourgeois et bourgeois-démocratiques etc.). En cela les directions de lutte doivent relier ces mots d'ordre politiques le plus étroitement possible avec la lutte contre la détresse économique immédiate de la classe ouvrière. Dans les directions de lutte seront élus des travailleurs et travailleuses tels qu'ils se placent sur cette plateforme politique.

[...]

Les directions de lutte sont des organes de l'action de masse prolétarienne. En cela réside leur valeur principale pour la classe ouvrière. Dans les directions de lutte doivent être représenté les masses de travailleurs touchés par le conflit respectif, sans distinction d'appartenance de Parti et de syndicat, autant des travailleurs et travailleuses organisés que ceux et celles non organisés. [...]

[Citation dans l'original ]

À Berlin entre autre, la situation est conflictuelle entre la direction locale de la Fédération allemande de travailleurs de la métallurgie (Deutscher Metallarbeiter-Verband, DMV) et les directions des branches des installateurs [Rohrleger] et des tourneurs [Dreher][134]. En mars 1929 le DMV de Berlin exclut le dirigeant de la branche des installateurs, Michael Niederkirchner. Une partie des syndiqués de cette branche se rallient à l'orientation oppositionnelle, de même que les tourneurs sur machine à revolver [Eisen- und Revolverdreher] ainsi que les serruriers du bâtiment et de coffres-forts [Bau- und Geldschrankschlosser]. Le 10 mars le KPD, dans la Ruhr, appelle à une conférence de l'opposition. Le 14, le Comité central décide de registrer l'ensemble des militants syndicaux subissant des mesures d'exclusion, pour assurer une coopération avec les directions de fractions. Niederkirchner constitue une “Organisation d'aide pour les exclus” (“Hilfsorganisation für Ausgeschlossene”) qui se considère comme un “comité de défense” (“Abwehrkomitee”). Durant avril, à Berlin et dans la Ruhr, de tels comités organisent des conférences de délégués. Le comité de Berlin est préside par Niederkirchner et Paul Peschke, celui de la Ruhr par Willi Agatz qui est président du conseil d'entreprise de la mine König Ludwig. Ils appellent à des actions de grève. En aout une assemblée des militants organisés autour de Niederkirchner décide de ne plus verser les cotisations au DMV et d'émettre des cartes d'adhérents propres. Cette structure s'appelle “Union des installateurs et assistants” (“Vereinigung der Rohrleger und Helfer”). Les branches des serruriers du bâtiment et de coffres-forts ainsi que des tourneurs du DMV de Berlin suivent majoritairement la même démarche. Au même moment la fédération des charpentiers [Zimmerer] exclut le comité exécutif de la section de Berlin, en ayant recours aux tribunaux. Jusqu'en automne, s'y ajoutent quelques autres sections dominées par les communistes, comme les charpentiers à Duisburg et Düsseldorf, le DMV à Limbach en Saxe, la fédération des mineurs (Bergarbeiterverband, BAV) à Essen. À partir d'octobre, se constituent des comités de district de l'opposition syndicale révolutionnaire, notamment dans la région de Rhénanie-Palatinat et à Brême.

Les 30 novembre se réunit un congrès syndical national convoqué au nom d'un Comité national de l'opposition syndicale révolutionnaire [Reichskomitee  der revolutionären Gewerkschaftsopposition], présidé par  P. Merker[135]. Il compte 1117 participants, dont les deux tiers membres du KPD ou de l'Union des jeunesses communiste d'Allemagne (Kommunistischer Jugendverband Deutschlands, KJVD); 759 sont organisés dans les syndicats traditionnels. Le congrès maintient le principe que l'opposition syndicale doit se structurer au sein des syndicats existants, autour des fractions communistes, en lien avec la création de “comités de promotion de l'opposition syndicale révolutionnaire” (“Ausschüsse zur Förderung der revolutionären Gewerkschaftsopposition”) locaux. Il élit un Comité national [Reichskomitee] correspondant destiné à regrouper les comités locaux. Durant le début de 1930 la question des militants syndicaux inorganisés continue à être discutée[136]. L'idée de les organiser explicitement est écartée, mais dans la pratique ils sont associés puisque les structures mises en place incluent les conseils d'entreprise oppositionnels et les travailleurs qui les ont élus. En aout se réunit le 5e congrès de l'ISR à Moscou[137]. Il décide de consolider les groupes syndicaux oppositionnels comme unités autonomes. En octobre, des grèves ont lieu dans la métallurgie à Berlin. Confrontés à l'obstruction de la part de la direction syndicale officielle, les syndicats oppositionnels constituent la “Fédération unitaire des travailleurs de la métallurgie de Berlin” (“Einheitsverband der Metallarbeiter Berlins”). Les 15‑16 novembre, la RGO tient son 2e congrès national, avec 340 participants. Il est décidé de transformer la RGO en une organisation indépendante réunissant aussi bien des membres des syndicats que des travailleurs en dehors des syndicats existants. L'importance de la poursuite de l'activité au sein des syndicats libres est réaffirmée. Le 11 janvier 1931 la RGO constitue la “Fédération unitaire des travailleurs des mines d'Allemagne” (“Einheitsverband der Bergarbeiter Deutschlands”)[138], et le 18 janvier la “Fédération unitaire des travailleurs des ports et des marins” (“Einheitsverbandes der Hafenarbeiter und der Seeleute”) issu de la Fédération allemande des transports” (“Deutscher Verkehrsbund”, DVB) [139].

Brüning - Papen - Schleicher - Hitler

Le 28 juin 1928 avait été formé un gouvernement de grande coalition, sous la direction de H. Müller (SPD), avec des représentants du SPD, du DDP, du Zentrum, du BVP et du DVP. À l'époque, la dernière participation du SPD au gouvernement du Reich datait de 1923 lorsque ce parti participait au gouvernement Gustav Stresemann (DVP), qu'il avait cependant quitté le 23 novembre 1923. Le 31 mars 1930 le gouvernement dirigé par Müller est remplacé. Heinrich Brüning comme chancelier constitue un gouvernement se situant délibérément en dehors d'une coalition parlementaire figée. En Prusse est toujours en place le gouvernement de coalition entre SPD, Zentrum, DDP, DStP, avec O. Braun (SPD) comme premier ministre. C. Severing (SPD) avait occupé le poste de ministre de l'intérieur de Prusse de 1920 à 1926 puis avait été remplacé par A. Grzesinski (SPD) le 6 octobre 1926; il reprendra la fonction le 21 octobre 1930.

Avec H. Brüning s'ouvre ainsi la période des dénommés “gouvernements présidiaux” [“Präsidialkabinette”].

Le 18 juillet 1930, le gouvernement fait en sorte que les mesures qu'il propose, faute d'être approuvées par l'Assemblée nationale, soient édictées par voie de décrets d'urgence [Notverordnung] du président du Reich (il s'agit d'un dispositif prévu par l'article 48 de la constitution)[140]. Mais suite à des motions présentées séparément par le SPD et le KPD, l'Assemblée nationale annule immédiatement ces décrets par 236 voix contre 222, ce qui impose au président l'obligation de signer lui-même un décret d'annulation. Or H. Brüning présente alors des décrets signés d'avance par P. v. Hindenburg, un qui dissout le Parlement, et un qui annonce la tenue d'élections à l'Assemblée nationale à la date du 14 septembre. À ces élections, le SPD obtient 143 sièges sur un total de 577, le NSDAP 107, le KPD 77, le Zentrum 68. Le gouvernement dirigé par Brüning reste en place.

Le KPD adopte une position d'opposition ouverte. E. Thälmann en janvier 1931: "Le gouvernement Brüning dans sa phase de développement actuelle est le gouvernement de la mise en oeuvre du fascisme." [Citation dans l'original ] [Documents .] (L'analyse du KPD au sujet du fascisme est exposée plus en détail dans le texte "SPD et fascisme " .) Le SPD, dans un premier temps, avait soumis à l'Assemblée nationale une motion de censure contre le gouvernement constitué en mars. Mais par la suite il choisit une politique de tolérance, s'abstenant de participer à des votes susceptibles d'aboutir à un renversement du gouvernement[141]. Ainsi les 18‑19 octobre, le groupe social-démocrate à l'Assemblée nationale aide à repousser des motions de censure contre H. Brüning et des motions demandant l'abrogation des décrets-lois, déposées par le groupe du KPD[142].

Les autorités sont évidemment hostiles au KPD, au niveau national et également en Prusse. Vis-à-vis du NSDAP leur position est fluctuante. Des différences d'approche existent parmi les représentants de la bourgeoisie, qu'il s'agisse des personnalités politiques ou des dirigeants économiques. Plus ou moins selon les cas, ils considèrent le NSDAP comme un partenaire potentiellement utile mais certainement incommode. Tout en cherchant une alliance avec lui, ils tentent de le faire d'une façon leur permettant de garder la maitrise des évènements.

Ainsi des mesures dirigées dans une certaine mesure contre le NSDAP sont appliquées. Ce qui les caractérise en général, c'est qu'elles se situent dans un double jeu intentionnel, visant en même temps le KPD qui au fond est le seul et véritable ennemi. Ainsi par exemple le ministère d'État prussien interdit à tous les fonctionnaires prussien l'appartenance au KPD et au NSDAP, en formulant le motif suivant: "Selon le développement qu'ont emprunté le Parti ouvrier national-socialiste allemand et le Parti communiste d'Allemagne, les deux partis sont à considérer comme organisations dont l'objectif est le renversement par la force de l'ordre étatique existant."[143]. Le 29 janvier 1931 le ministre de la défense Wilhelm Groener (sans parti) édicte un décret selon lequel le service dans l'armée est interdit aux "membres de partis et groupements qui selon leur programme ou leur attitude effective sont disposés à modifier la constitution par des mesures de force"[144]. Le KPD est désigné nommément en ce sens puisqu'il s'agit "des partis qui, comme le Parti communiste, ont fait dans leur programme de l'esprit révolutionnaire et l'hostilité envers l'état le fondement permanent de leur parti".

Le 9 novembre 1930, l'organe du KPD, Rote Fahne, est interdit de parution. Ensuite ce type de mesure sera prononcé de façon répétée jusqu'au passage dans la clandestinité du KPD en 1933.

Le 5 octobre 1930, le chancelier H. Brüning rencontre A. Hitler et W. Frick. [Chronologie ] Au cours de l'année 1931, à diverses occasions, des dirigeants économiques rencontreront des représentants du NSDAP: en janvier Hjalmar Schacht et Fritz Thyssen rencontrent Hitler, Hermann Göring et Joseph Goebbels; le 11 septembre, Hitler est reçu par Emil Kirdorf en présence d'Albert Vögler, Ernst Brandi, Friedrich Springorum jr., Ernst Poensgen et Friedrich Thyssen; le 9 décembre Thyssen et Vögler rencontrent Hitler. [Chronologie   ] Par ailleurs Hitler est aussi reçu par des responsables politiques: le 10 octobre 1931, le président P. v. Hindenburg reçoit Hitler et Göring; le même jour, Kurt von Schleicher, qui occupe le principal poste de direction au sein du ministère de l'armée, rencontre Hitler, avec lequel il s'entretiendra de nouveau vers le 22 octobre. [Chronologie ] De multiples rencontres des principaux acteurs politiques et économiques avec Hitler suivront tout au long de la période jusqu'en janvier 1933, dans le but de trouver d'une manière ou d'une autre une formule l'associant au gouvernement.

Des élections pour la présidence du Reich ont lieu en mars-avril 1932. P. v. Hindenburg est candidat, A. Hitler également; le KPD présente E. Thälmann. Hindenburg est élu. Le 1er juin est constitué un gouvernement dirigé par Franz von Papen. Le gouvernement déclare explicitement ne pas être une émanation des partis. Le 20 juillet, il destitue le gouvernement de Prusse, le chancelier du Reich assume la fonction de commissaire du Reich pour la Prusse. [Chronologie ] Le 31 juillet ont lieu de nouvelles élections à l'Assemblée nationale. Le NSDAP obtient 230 sièges sur un total de 608, le SPD 133, le KPD 89, le Zentrum 75. Puis encore des élections le 6 novembre. Cette fois le NSDAP obtient 196 sièges sur un total de 584, le SPD 121, le KPD 100, le Zentrum 70.

F. v. Papen songe à écarter encore plus fondamentalement le Reichstag et à procéder à une révision de la constitution. Mais K. v. Schleicher considère que les mesures répressives nécessaires pour face à un éventuel mouvement de résistance populaire risqueraient de dépasser les capacités de l'armée. Le 2 décembre, Schleicher remplace Papen et constitue un nouveau gouvernement. Il tente de trouver une solution au fait que le régime souffre du manque d'une base de masse. Il s'efforce à établir une alliance regroupant les national-socialistes, mais aussi les syndicats et les social-démocrates. Il échoue dans sa démarche, et n'obtenant pas de P. v. Hindenburg la dissolution, une fois de plus, du Reichstag, il démissionne le 28 janvier 1933.

Parallèlement aux tractations qui ont lieu à la fin de 1932 et le début de 1933 autour de la formation d'un gouvernement, les attaques des national-socialistes contre le KPD s'accentuent. En témoigne par exemple une action contre le siège du KPD à Berlin, le 22 janvier: une manifestation de la SA ‑ Section d'assaut (Sturmabteilung), formation paramilitaire du NSDAP ‑ réunissant 16 000 participants se déroule sur les lieux sous la protection de la police.

Des mouvements de grève importants marquent cette période: en juillet 1930, jusqu'à 25 000 grévistes dans la région minière de Mansfeld; en octobre la quasi-totalité des entreprises de la métallurgie est en grève, on compte environ 140 000 grévistes. En janvier 1931, des grèves éclatent dans la Ruhr, sans le soutien de l'ADGB. La situation conflictuelle se prolonge jusqu'en octobre. La grève qui se déroule du 3 au 8 novembre 1932 à la Société des transports de Berlin (Berliner Verkehrsgesellschaft, BVG) est marquée par un contexte particulier. [Chronologie ] Après une décision de baisse de salaires annoncée par la direction, la fédération concernée (Gesamtverband der Arbeitnehmer der öffentlichen Betriebe und des Personen- und Warenverkehrs) procède à une consultation de la base, qui n'obtient pas le résultat officiellement nécessaire de 75 %. Le syndicat n'appelle donc pas à l'action, mais le 3 novembre la grève éclate malgré lui. Une direction de grève est constituée avec la participation notamment du KPD à travers la RGO, mais aussi l'organisation de cellules d'entreprise national-socialiste (Nationalsozialistische Betriebszellenorganisation). Au point culminant la paralysie des transports publics urbains est quasi totale, mais finalement le mouvement échoue.

Enfin il faut noter que de fin janvier à début février 1933, face à l'accaparement du pouvoir par les national-socialistes, des actions de résistance ont lieu malgré l'attitude du SPD et de l'ADGB. (Cf. dans le texte "Dictature et libération", la section "Les national-socialistes accaparent le pouvoir" .)

Le KPD identifie clairement le danger que le NSDAP représente en tant que force politique au niveau du Reich. Certes, passagèrement apparaissent des appréciations sous-estimant la capacité des national-socialistes d'imposer durablement leur éventuelle domination. (Cf. le texte "SPD et fascisme" .) Mais dans tous les cas le KPD affirme sa détermination de combattre ces forces visant à instaurer la dictature. Concernant l'orientation politique face à la menace que représentait l'influence croissant du NSDAP parmi les travailleurs, le KPD s'efforce à formuler un programme approprié destiné à servir de base à la propagande. Une des principales manifestations de cet effort est la "Déclaration de programme au sujet de la libération nationale et sociale du peuple allemand" publié le 24 aout 1930. [Documents ] Par ailleurs le KPD publie aussi, le 29 mai 1931 un "plan de création d'emplois" portant le sous-titre "Contre le programme de rapine et la politique de catastrophe du capital financier - Travail et pain pour des millions"[145]. [Citation dans l'original ]

Après les mesures d'interdiction frappant le RFB en mai 1929, le KPD cherche à maintenir des organisations d'autodéfense pour faire face aux national-socialistes[146]. Le 24 aout 1930, il adopte une "ligne directrice au sujet du travail de politique de défense" [Citation dans l'original ], puis le 28 septembre, il fonde la “Ligue de combat contre le fascisme” (“Kampfbund gegen den Faschismus”), H. Remmele étant désigné comme président. En 1931 sont également constitué des unités d'autodéfense du Parti au niveau des directions de district, mais la tentative sera abandonnée l'année suivante. Une résolution adoptée par le Comité central le 10 novembre 1931 vise à déterminer l'attitude du KPD face à la violence exercée par les national-socialistes. [Documents ] À la fin de mai 1932, le KPD appelle à la formation d'un rassemblement large sans structure d'adhésion formelle, nommé “Action antifasciste” (“Antifaschistische Aktion”), auquel participe la Ligue de combat contre le fascisme[147]. Le 10 juillet se tient un congrès national de l'Action antifasciste, à Berlin. Parmi les 1465 délégués venus de toute l'Allemagne se trouvent des membres du KPD, du SPD, du Parti ouvrier socialiste d'Allemagne (Sozialistische Arbeiterpartei Deutschlands, SAP, fondé en octobre 1931 par des membres de l'aile gauche du SPD, suite à l'exclusion de Max Seydewitz et Kurt Rosenfeld), de l'organisation Bannière du Reich Noir-Rouge-Or (Reichsbanner Schwarz-Rot-Gold, une organisation d'autodéfense fondée en 1924 à l'initiative du SPD, appuyée également par le Zentrum, le DDP et les syndicats), de leurs organisations de jeunesse, ainsi que des sans-parti. [Documents ]

À l'occasion de la grève des employés de la BVG le KPD avait été amené à assumer une situation où il se trouvait associé avec le NSDAP. C'est le cas également en juillet 1931 en rapport avec une procédure de référendum au sujet de la dissolution du Landtag de Prusse. Le 4 février 1931, l'organisation Casque d'acier initie une procédure de plébiscite en ce sens, soutenue notamment par le NSDAP. Le plébiscite se déroule en avril et obtient le nombre de signatures nécessaires, mais le Landtag rejette la demande de dissolution. Le KPD décide alors de s'associer à la mise en oeuvre du référendum. Pour motiver cette attitude, le parti demande sous forme d'ultimatum au premier ministre de Prusse Otto Braun (SPD) et au ministre de l'intérieur de Prusse C. Severing, de lever l'interdiction du RFB, ce à quoi le gouvernement ne donne pas suite. Cependant, le référendum qui a lieu le 9 aout n'atteint pas la majorité exigée.

Pendant cette période, la situation en Allemagne continue à être amplement discutée au sein de l'Internationale communiste. Pour les interventions d'E. Thälmann dans ce cadre, cf. notamment: Documents    , et au niveau du KPD: Documents  . Du 26 mars au 11 avril 1931 se tient le 11e plénum, non élargi, du Comité exécutif de l'IC. (Le 10e plénum, non élargi, s'était tenu du 3 au 19 juillet 1929.) Le présidium nouvellement élu comprend, pour l'Allemagne: W. Pieck, H. Remmele, Thälmann et C. Zetkin comme membres, W. Florin, Kurt Müller et H. Neumann comme candidats[148]. Pieck et Thälmann sont désignés comme membres du secrétariat politique.

La composition complète du présidium est la suivante[149]. Comme membres: R. Arnot, H. Barbé, M. Cachin, V. Cemodanov, Chuan-Pin/Huang Ping, W. Z. Foster, K. Gottwald, R. Grieco, J. Guttmann, S. Katayama, V. Kolarov, B. Kun, O. Kuusinen, J. Leszczyński, A. Lozovskij, D. Manuilskij, W. Pieck, O. Pjatnitskij, H. Pollitt, E. Próchniak, H. Remmele, H. Sillen, B. Šmeral, J. Staline, Su, E. Thälmann, M. Thorez, P. Togliatti, W. Weinstone (pseudonyme Randolph), C. Zetkin; comme candidats: E. Browder, P. Célor, G. Dozza (pseudonyme Furini), I. Drabkin, F. Filipovič, W. Florin, P. Furubotn, G. Knorin, J. Koplenig, K. Müller, H. Neumann, J. Sochacki (pseudonyme Bratkowski).

Le Secrétariat politique est composé de la manière suivante. Comme membres: Chuan-Pin, Guttmann, Knorin, Kuusinen, Leszczyński, Manuilskij, Pieck, Pjatnitskij, Pollitt, Thälmann, Thorez, Togliatti, Weinstone; comme candidats: Arnot, Cemodanov, Célor, Dozza, Lozovskij, Sochacki.

Du 14 au 17 mai 1932 des discussions ont lieu dans le cadre du présidium du comité exécutif de l'IC au sujet du KPD[150]. Comme résultat, H. Neumann et L. Flieg sont écartés du secrétariat du Parti; cette instance est maintenant composée de E. Thälmann comme président, H. Remmele, et J. Schehr, ainsi que des candidats W. Pieck et W. Ulbricht. En octobre, Remmele est écarté à son tour du secrétariat, il est remplacé par Ulbricht, tandis que W. Florin devient candidat.

Du 27 aout au 15 septembre 1932 se tient le 12e plénum, non élargi, du Comité exécutif de l'IC. Du 15 au 17 octobre 1932 se tient une conférence du KPD, qui adopte une résolution au sujet du plénum de CE de l'IC. [Documents .]

 

 

 

 

 

Notes



[1]. T. Raithel: Das schwierige Spiel des Parlamentarismus, S. 119 (Bibliographie )

Chronologie 

[2]. G. Hortzschansky: Der nationale Verrat der deutschen Monopolherren während des Ruhrkampfes 1923, S. 119 (Bibliographie )

[3]. Chronologie 

[4]. G. Hortzschansky: Der nationale Verrat..., S. 120 (Bibliographie )

[5]. Chronologie 

[6]. A. Kastning, Die deutsche Sozialdemokratie zwischen Koalition und Opposition 1919 bis 1923, S. 113 (Bibliographie )

[7]. Beiträge zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung, Band 9, S. 1039 (Bibliographie )

E. Reidegeld: Sozialpolitik in Demokratie und Diktatur 1919‑1945, S. 110-111 (Bibliographie )

[8]IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Reihe 2 - Band 7 - Halbband 2 - Januar 1922‑Dezember 1923, S. 295 (Bibliographie )

[9]E. Reidegeld: Sozialpolitik..., S. 110-111 (Bibliographie )

IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien..., Reihe 2 - Band 7 - Halbband 2, S. 389‑412 (Bibliographie )

[10]. K. Kautsky, Die proletarische Revolution und ihr Programm, S. 106 (Bibliographie )

[11]. Kommunistische Internationale - Dritter Weltkongress (22. Juni - 12. Juli 1921) - Thesen und Resolutionen, pp. 31‑63 (Bibliographie ), ici p. 46.

http://www.marxismus-online.eu/debatte/programm/einheitsfront/taktik3KI.html

Librairie du Travail (Éd.): Internationale Communiste - Quatre premiers congrès (1919‑1923) - Manifestes, thèses et résolutions (Bibliographie )

http://classiques.uqac.ca/classiques/Internationale_communiste/Quatre_premiers_congres_IC/Quatre_premiers_congres_IC.doc

[12]. http://www.marxismus-online.eu/debatte/programm/einheitsfront/leitsaetzeKI.html

Kommunistische Internationale - Exekutivkomitee: Die proletarische Einheitsfront, pp. 11‑25 (Bibliographie ), ici p. 16.

Librairie du Travail (Éd.): Internationale Communiste - Quatre premiers congrès (1919‑1923) (Bibliographie )

http://classiques.uqac.ca/classiques/Internationale_communiste/Quatre_premiers_congres_IC/Quatre_premiers_congres_IC.doc

[13]. http://www.neue-impulse-verlag.de/media/marxblaetter_altesarchiv/2004/04-3-15.html

[14]. Beiträge zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung, Band 9, S. 1039 (Bibliographie )

http://www.neue-impulse-verlag.de/media/marxblaetter_altesarchiv/2004/04-3-15.html

H.‑J. Krusch, Um die Einheitsfront und eine Arbeiterregierung, S. 32 (Bibliographie )

[15]. http://www.marxismus-online.eu/archiv/klassiker/schriftenzumprogramm/uprog6.html

[16]. Beiträge zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung, Band 9, S. 1039 (Bibliographie )

[17]. http://www.neue-impulse-verlag.de/media/marxblaetter_altesarchiv/2004/04-3-15.html

[18]. A. Reisberg: Der Kampf der KPD um die Aktionseinheit in Deutschland 1921‑1922 - Band 2, S. 634 (Bibliographie )

[19]. Thesen und Resolutionen des V. Weltkongresses der Kommunistischen Internationale (Moskau, 17. Juni bis 8. Juli 1924), S. 80 (Bibliographie )

[20]. http://www.marxismus-online.eu/archiv/klassiker/schriftenzumprogramm/uprog7.html

Kommunistische Internationale - Vierter Weltkongress (5. November - 5. Dezember 1922) - Bericht (Bibliographie )

[21]. http://www.marxismus-online.eu/archiv/klassiker/schriftenzumprogramm/uprog7.html

Kommunistische Internationale - Vierter Weltkongress (5. November - 5. Dezember 1922) - Protokoll (Bibliographie )

Librairie du Travail (Éd.): Internationale Communiste - Quatre premiers congrès (1919‑1923) (Bibliographie )

http://classiques.uqac.ca/classiques/Internationale_communiste/Quatre_premiers_congres_IC/Quatre_premiers_congres_IC.doc

[22]H. Weber: Die Kommunistische Internationale, S. 371 (Bibliographie )

J. T. Degras (Ed.): The Communist International, 1919-1943 - Documents - Volume 1 - 1919‑1922, p. 453 (Bibliographie )

[23]IML beim ZK der SED (Hg.): Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Chronik - Band 2 - Von 1917 bis 1945 (Bibliographie )

http://www.neue-impulse-verlag.de/media/marxblaetter_altesarchiv/2004/04-3-15.html

[24]. A. Reisberg: Der Kampf der KPD um die Aktionseinheit in Deutschland 1921‑1922 - Band 2, S. 683 (Bibliographie )

H.‑U. Ludewig: Arbeiterbewegung und Aufstand (Bibliographie )

H. Weber: Kommunismus in Deutschland, 1918-1945, S. 90 (Bibliographie )

[25]. http://www.nikolaus-brauns.de/verpasste_chance_1923.htm

[26]IML beim ZK der SED (Hg.): Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Chronik - Band 2... (Bibliographie )

[27]. À ne pas confondre:

Alfred Schmidt (né 1891): adhère au KPD en 1919; en 1928 exclu du Parti; en 1929 adhère au KPO.

Felix Schmidt (né 1885): en novembre 1918 membre de l'organisation “Internationale Kommunisten” à Brême; participe à la fondation du KPD; élu à la Centrale en 1921 au 7e congrès  et en 1923 au 8e congrès; en 1929 exclu du Parti; adhère au KPO.

Heinrich Schmidt: (né 1894): adhère au KPD en 1921; élu candidat au Comité central en 1929 au 12e congrès.

[28]. http://www.nikolaus-brauns.de/verpasste_chance_1923.htm

http://baseportal.de/cgi-bin/baseportal.pl?htx=/jarmerdhm/main&localparams=1&db=main&cmd=list&range=40,10&cmd=all&Id=79

[29]. J. Pommert: In der Revolution geboren - In den Klassenkämpfen bewahrt - Geschichte der KPD-Bezirksorganisation Leipzig-Westsachsen, S. 108 (Bibliographie )

C. Voigt: Das Reichsbanner schwarz-rot-gold und der rote Frontkämpferbund in Sachsen 1924‑1933, S. 51-59 (Bibliographie )

E. Wolowicz: Linksopposition in der SPD von der Vereinigung mit der Uspd 1922 bis zur Abspaltung der Sapd 1931 - Band 2, S. 196 (Bibliographie )

"Arbeiterregierung oder “Deutscher Oktober”? Die sozialdemokratisch-kommunistischen Arbeiterregierungen in Sachsen und Thüringen und ihr gewaltsamer Sturz im Oktober"

[http://www.lulu.com/items/volume_64/4815000/4815667/1/print/4815667.pdf (S. 164ff der Datei)]

http://www.dhm.de/lemo/html/weimar/innenpolitik/oktober/index.html

[30]. La traduction des noms des partis pose quelques problèmes sémantiques. Syntaxiquement, “Volkspartei” correspond à “Parti du peuple” et “Völkische Partei” à “Parti populaire”. Cependant, en allemand, “völkisch” en tant qu'adjectif ne correspond pas simplement à “Volk”, mais comporte une nuance rattachée à “Volkstum”, qui signifie "caractéristiques d'un nation".

[31]. Wissenschaftliche Zeitschrift der Friedrich-Schiller-Universität Jena/Thüringen - Gesellschafts- und sprachwissenschaftliche Reihe - Band 17, S. 426 (Bibliographie )

[32]. C. Voigt: Das Reichsbanner schwarz-rot-gold ..., S. 51-59 (Bibliographie )

[33]. http://www.bundesarchiv.de/aktenreichskanzlei/1919-1933/0000/str/str1p/kap1_2/kap2_83/para3_3.html

http://www.historisches-lexikon-bayerns.de/artikel/artikel_44521

E. Kolb: Gustav Stresemann, S. 81 (Bibliographie )

[34]. H. Niemann (Hg.): Geschichte der deutschen Sozialdemokratie 1917 bis 1945, S. 123-124 (Bibliographie )

[35]À ne pas confondre avec Paul Frölich, du KPD.

[36]. W. Ulbricht: Zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - aus Reden und Aufsätzen - Band 1, S. 115 (Bibliographie )

IML beim ZK der SED (Hg.): Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Band 3: Von 1917 bis 1923, S. 660 (Bibliographie )

F. Hammer: Theodor Neubauer, ein Kämpfer gegen den Faschismus, S. 37 (Bibliographie )

F. Hammer: Theodor Neubauer: Aus seinem Leben, S. 84 (Bibliographie )

IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien... - Reihe 2 - Band 7 - Halbband 2, S. 414 (Bibliographie )

Quellen zur Geschichte Thüringens - Band 3: 1918-1945, S. 106 (Bibliographie )

[37]. H.‑J. Krusch: Linksregierungen im Visier - Reichsexekutive 1923, S. 57-58 (Bibliographie )

[38]IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien... - Reihe 2 - Band 7 - Halbband 2, S. 440 (Bibliographie )

[39]IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien... - Reihe 2 - Band 7 - Halbband 2, S. 445 (Bibliographie )

[40]IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien... - Reihe 2 - Band 7 - Halbband 2, S. 446 (Bibliographie )

[41]H.‑J. Krusch: Linksregierungen im Visier - Reichsexekutive 1923, S. 59 (Bibliographie )

[42]K. Nuss: Militär und Wiederaufrüstung in der Weimarer Republik - zur politischen Rolle und Entwicklung der Reichswehr, S. 202 (Bibliographie )

[43]. H. Michaelis, E. Schraepler (Hg.): Ursachen und Folgen, Band 5 - Die Weimarer Republik 1923, S 488 (Bibliographie )

H. Weiler: Die Reichsexekution gegen den Freistaat Sachsen Oktober 1923, S. 213 (Bibliographie )

[44]. C. Voigt: Das Reichsbanner schwarz-rot-gold..., S. 51-59 (Bibliographie )

[45]. W. Fabian: Klassenkampf um Sachsen - Ein Stück Geschichte 1918‑1930, S. 172 (Bibliographie )

[46]H. Michaelis, E. Schraepler (Hg.): Ursachen und Folgen, Band 5, S 498 (Bibliographie )

[47]. http://www.dhm.de/lemo/html/weimar/innenpolitik/oktober/index.html

C. Voigt: Das Reichsbanner schwarz-rot-gold..., S. 51-59 (Bibliographie )

[48]. http://www.geschichte.sachsen.de/748.htm

C. Voigt: Das Reichsbanner schwarz-rot-gold..., S. 51-59 (Bibliographie )

[49]. C. Voigt: Das Reichsbanner schwarz-rot-gold..., S. 51-59 (Bibliographie )

[50]. J.‑H. Ulbricht: Weimar 1919 - Chancen einer Republik, S. 43 (Bibliographie )

[51]. J.‑H. Ulbricht: Weimar 1919..., S. 43 (Bibliographie )

[52]. B. Bayerlein: Deutscher Oktober 1923 - ein Revolutionsplan und sein Scheitern, S. 26-28 (Bibliographie )

C. Voigt: Das Reichsbanner schwarz-rot-gold..., S. 51-59 (Bibliographie )

http://www.nikolaus-brauns.de/Deutscher_Oktober.htm

[53]. C. Voigt: Das Reichsbanner schwarz-rot-gold..., S. 51-59 (Bibliographie )

[54]. W. Ulbricht: Zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - aus Reden und Aufsätzen - Band 1, S. 139- (Bibliographie )

[55]. E. Reidegeld: Sozialpolitik..., S. 110-111 (Bibliographie )

W. Ulbricht: Zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - aus Reden und Aufsätzen - Band 1, S. 139- (Bibliographie )

[56]. http://www.bundesarchiv.de/aktenreichskanzlei/1919-1933/0000/str/str2p/kap1_1/para2_54.html

B. Langer: Revolution und bewaffnete Aufstände in Deutschland 1918-1923, S. 350 (Bibliographie )

[57]. http://www.klausdede.de/index.php?content=weserundjade&sub=51

[58]. B. Bayerlein: Deutscher Oktober 1923 - ein Revolutionsplan und sein Scheitern, S. 26-28 (Bibliographie )

[59]. K. Kinner: Der deutsche Kommunismus - Selbstverständnis und Realität, S. 68- (Bibliographie )

W. T. Angress: Die Kampfzeit der KPD - 1921‑1923, S. 495 (Bibliographie )

H.‑U. Ludewig: Arbeiterbewegung und Aufstand, S. 110 (Bibliographie )

[60]. H. B. (Brandler), "Die Tagung des Zentralausschusses", Die Internationale, n° 18, 30 November 1923, S. 517.

IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien... - Reihe 2 - Band 7 - Halbband 2, S. 471 (Bibliographie )

[61]. "Skizze zu Thesen über die politische Situation und über die Lage der Partei", vorgelegt vom Polbüro der Bezirksleitung Berlin-Brandenburg, Die Internationale, Ergänzungsheft n°1, Januar 1924, S. 54‑57

Ruth Fischer, "Zur Lage in Deutschland und zur Taktik der Partei". Ebenda, S. 57‑64

E. Collotti: Die Kommunistische Partei Deutschlands - 1918‑1933, S. 115‑116 (Bibliographie )

[62]. A. Thalheimer, H. Brandler, "Thesen zur Oktoberniederlage und zur gegenwärtigen Lage", Die Internationale, Ergänzungsheft n°1, Januar 1924, S. 1‑14

E. Collotti: Die Kommunistische Partei Deutschlands..., S. 115‑116 (Bibliographie )

[63]. "Thesen zur Taktik des Oktoberrückzugs und zu den nächsten Aufgaben der Partei", Die Internationale, Ergänzungsheft n°1, Januar 1924, S. 14‑19

E. Collotti: Die Kommunistische Partei Deutschlands..., S. 115‑116 (Bibliographie )

[64]. A. Thalheimer, H. Brandler, "Erklärung", Die Internationale, n° 2/3, 28. März 1924, S. 135.

http://www.marxists.org/francais/broue/works/1971/00/broue_all_42.htm

[65]. http://www.marx-forum.de/geschichte/deutschland/1923.html

[66]. On trouve mention également de N. Boukharine.

Cf. http://marxists.catbull.com/francais//broue/works/1971/00/broue_all_42.htm

[67]IML beim ZK der SED (Hg.): Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Chronik - Band 2..., S. 159 (Bibliographie )

[68]. Ces textes figurent dans:

Exekutivkomitee der Kommunistischen Internationale (Hg.): Die Lehren der deutschen Ereignisse - Januar 1924, S. 5‑80 (Bibliographie )

[69]. EKKI (Hg.): Die Lehren der deutschen Ereignisse..., S. 82 (Bibliographie )

Le texte de la résolution: ibid., p. 94.

[70]K. Kinner: Der deutsche Kommunismus - Selbstverständnis und Realität (Bibliographie )

Le texte de la déclaration:

EKKI (Hg.): Die Lehren der deutschen Ereignisse..., S. 90 (Bibliographie )

[71]IML beim ZK der SED (Hg.): Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Band 4: Von 1924 bis Jan. 1933, S. 20 (Bibliographie )

[72]IML beim ZK der SED (Hg.): Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Chronik - Band 2..., S. 164 (Bibliographie )

[73]IML beim ZK der SED (Hg.): Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Chronik - Band 2..., S. 164 (Bibliographie )

H. Weber: Der deutsche Kommunismus - Dokumente, S. 648 (Bibliographie )

[74]. H. Weber: Die Stalinisierung der KPD in der Weimarer Republik - Band 1, S. 72 (Bibliographie )

[75]. Schlecht ne figure pas dans la composition de la Centrale donné par Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Chronik.

H. Weber, Die Stalinisierung der KPD in der Weimarer Republik précise:

"Ont été élus 11 représentants des gauches et 4 du groupe centriste: Ruth Fischer, Arkadij Maslow, Werner Scholem, Iwan Katz, Arthur Rosenberg, Ernst Thälmann, Paul Schlecht, Wilhelm Florin, Ottomar Geschke, Arthur König et Max Schütz des gauches; Hugo Eberlein, Hermann Remmele, Wilhelm Pieck et Ernst Schneller du groupe centriste." "Les membres élus de la Centrale n'ont pas été rendus publiques de façon nominative (Rapport, p. 357). Le SED a publié pour la première fois la liste des membres dans la "Chronique", p. 164. Cependant, ici Heckert figure à la place de Schlecht; mais Heckert n'a été coopté à la Centrale qu'après l'arrestation de Maslow."

[76]H. Jentsch: Die KPD und der "Deutsche Oktober" 1923, S. 423 (Bibliographie )

[77]. EKKI (Hg.): Die Lehren der deutschen Ereignisse..., S. 114 (Bibliographie )

[78]. Beiträge zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung, Band 10, S. 500 (Bibliographie )

[79]. H. Weber: Die Kommunistische Internationale, S. 371 (Bibliographie )

Protokoll des V. Weltkongresses der Kommunistischen Internationale (Moskau, 17. Juni bis 8. Juli 1924), S. 371 (Bibliographie )

[80]H. Weber: Die Kommunistische Internationale, S. 371 (Bibliographie )

J. T. Degras (Ed.): The Communist International, 1919-1943 - Documents - Volume 2 - 1923‑1928, S. 572 (Bibliographie )

V. Kahan: Bibliography of the Communist International (1919-1979) (Bibliographie )

[81]. Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik - Band 60, S. 139‑140 (Bibliographie )

J. Frerich, M. Frey: Handbuch der Geschichte der Sozialpolitik in Deutschland - Band 1, S. 189 (Bibliographie )

[82]. H. Niemann (Hg.): Geschichte der deutschen Sozialdemokratie..., S. 160-161 (Bibliographie )

[83]. C. Voigt: Das Reichsbanner schwarz-rot-gold ..., S. 115 (Bibliographie )

[84]. La dénomination Roter Frontkämpferbund est fréquemment traduite par Ligue des Combattants du Front Rouge, ce qui prête à confusion, puisque rouge devient ainsi épithète de front, comme dans les expressions front uni, front antifasciste etc. Or le terme Frontkämpferbund se décompose en Bund et Frontkämpfer, et ce dernier terme est directement lié aux soldats qui combattaient au front pendant la guerre. Cf. par exemple un appel diffusé par le KPD peu avant la création du RFB: "Chaque prolétaire qui réfléchit un tant soit peu au sujet de la faim et de la misère laquelle lui et ses semblables subissent largement de trop à leur propre corps, chaque combattant du front rouge [désignation réunissant l'adjectif "rouge" et le substantif composé accolant "front" et "combattant"] qui, après avoir durant des années été allongé dans la tranchée, pour le capitalisme et ses Ludendorff et Lehmann, est aujourd'hui disposé à mettre en jeu sa force corporelle et ses capacités pour les intérêts du prolétariat, doit adhérer." [H. Weber: Der deutsche Kommunismus - Dokumente, S. 93 (Bibliographie )] [Citation dans l'original ] Le qualificatif rouge se rapporte donc à Ligue, pour distinguer le RFB des organisations de combattants du front constitués par les forces politiques réactionnaires.

[85]. http://www.nikolaus-brauns.de/RFB.htm

[86]. http://www.luise-berlin.de/kalender/jahr/1925.htm

[87]. http://www.luise-berlin.de/kalender/jahr/1927.htm

[88]. http://www.historisches-lexikon-bayerns.de/artikel/artikel_44799

[89]. http://www.ifz-muenchen.de/heftarchiv/1961_4.pdf S. 362-

[90]IML beim ZK der SED (Hg.): Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Chronik - Band 2... (Bibliographie ).

IML beim ZK der SED (Hg.): Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Band 4, S. 103 (Bibliographie )

H. Weber: Die Stalinisierung der KPD... - Band 1, S. 117 (Bibliographie )

[91]. La liste donnée par H. Weber: Die Stalinisierung der KPD comporte des différences: Bertz, Schmidt n'y figurent pas; figurent en plus Arthur Rosenberg, Hans Weber; Schimanski figure comme candidat (au lieu de membre).

[92]. IML beim ZK der SED (Hg.): Beiträge zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Band 8, S. 598 (Bibliographie )

[93]. H. Heer (Hg.): Ernst Thälmann in Selbstzeugnissen und Bilddokumenten (Bibliographie )

[94]. http://www.stiftung-aufarbeitung.de/wer-war-wer-in-der-ddr-%2363%3B-1424.html?ID=4286

http://www.stiftung-aufarbeitung.de/wer-war-wer-in-der-ddr-%2363%3B-1424.html?ID=4552

http://www.stiftung-aufarbeitung.de/wer-war-wer-in-der-ddr-%2363%3B-1424.html?ID=4759

http://www.stiftung-aufarbeitung.de/wer-war-wer-in-derddr-%2363%3B-1424.html?ID=5003

http://www.stiftung-aufarbeitung.de/wer-war-wer-in-der-ddr-%2363%3B-1424.html?ID=5326

[95]. Jahrbuch für Forschungen zur Geschichte der Arbeiterbewegung - 4. Jahrgang, Heft 1, S. 106 (Bibliographie )

[96]. H. M. Bock: Syndikalismus und Linkskommunismus von 1918 bis 1923, S. 106 (Bibliographie )

P. v. Oertzen: Betriebsräte in der Novemberrevolution 1918/19, S. 212 (Bibliographie )

K. Tenfelde: Geschichte der deutschen Gewerkschaften von den Anfängen bis 1945, S. 308 (Bibliographie )

[97]. M.‑L. Ehls: Demonstrationen in Berlin zur Zeit der Weimarer Republik, S. 113 (Bibliographie )

http://www.nikolaus-brauns.de/Furstenenteignung.htm

[98]Volksentscheid (littéralement décision émanant du peuple) et Volksbegehren (littéralement demande émanant du peuple) constituent un procédé attribuant à l'ensemble des citoyens la faculté d'introduire une disposition législative. Dans un premier temps, le Volksbegehren peut soumettre au Parlement un projet de loi. Si ce projet est rejeté par les députés, un Volksentscheid peut statuer sur la question et, si le nombre nécessaire de votes favorables est atteint, donner force de loi au texte proposé.

[99]G. Hortzschansky, K. Haferkorn: Ernst Thälmann - eine Biographie, S. 281 (Bibliographie )

J. T. Degras (Ed.): The Communist International... - Volume 2, S. 572 (Bibliographie )

H. Weber: Die Kommunistische Internationale, S. 371 (Bibliographie )

Pour le 5e plénum (21 mars - 6 avril 1925), il n'y a pas de liste publiée relative à la composition du présidium.

[100]. H. Weber: Die Kommunistische Internationale, S. 366 (Bibliographie )

[101]. H. Weber: Der deutsche Kommunismus - Dokumente, S. 12 (Bibliographie )

IML beim ZK der SED (Hg.): Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Band 4, S. 140 (Bibliographie )

[102]. IML beim ZK der SED (Hg.): Beiträge zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Band 33, S. 776 (Bibliographie )

[103]. H. Weber: Die Stalinisierung der KPD... - Band 1, S. 295 (Bibliographie )

H. Weber: Die Kommunistische Internationale, S. 371 (Bibliographie )

[104]. http://www.thaelmannreport.de/dokumentation-zur-wittorf-affaere.html

H. Weber, B. Bayerlein (Hg.): Der Thälmann-Skandal, S. 165 (Bibliographie )

H. Weber: Die Stalinisierung der KPD... - Band 1, S. 207 (Bibliographie )

[105]IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Reihe 2 - Band 8 - Januar 1924‑Oktober 1929, S. 748 (Bibliographie )

[106]IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien... - Reihe 2 - Band 8, S. 760 (Bibliographie )

[107]. H. A. Winkler: Arbeiter und Arbeiterbewegung in der Weimarer Republik - Band 2 - 1924‑1930, S. 669 (Bibliographie )

H. Weber: Die Stalinisierung der KPD... - Band 1, S. 217 (Bibliographie )

[108]. Le texte de la résolution: H. Weber: Der deutsche Kommunismus - Dokumente, S. 242 (Bibliographie )

[109]. Cf. plus haut, la note au sujet de Felix Schmidt.

[110]. IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien... - Reihe 2 - Band 8, S. 774 (Bibliographie )

[111]. http://www.arbeiterpolitik.de/Broschueren/Gegen%20den%20Strom%20-%20Besprechung2.pdf

H. A. Winkler: Arbeiter und Arbeiterbewegung... - Band 2, S. 670 (Bibliographie )

[112]. http://www.trotskyana.net/GuestContributions/engelhardt_entwicklung.pdf

H. A. Winkler: Arbeiter und Arbeiterbewegung... - Band 2, S. 440 (Bibliographie )

[113]. Chronologie .

[114]. http://www.luise-berlin.de/bms/bmstxt99/9905proc.htm

[115]. Chronologie .

[116]. Chronologie .

[117]IML beim ZK der SED (Hg.): Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Band 4, S. 514 (Bibliographie )

[118]. Chronologie .

[119]. Chronologie .

[120]. http://www.bundesarchiv.de/aktenreichskanzlei/1919-1933/0000/mu2/mu21p/kap1_2/kap2_197/para3_1.html

[121]. http://www.historisches-lexikon-bayerns.de/artikel/artikel_44799

[122]. http://library.fes.de/pdf-files/bibliothek/bestand/x-04512_1.pdf

[123]. En février 1910, le SPD décide une campagne de mobilisation en rapport avec les débats au sujet de la loi électorale. Il annonce une manifestation pour le 6 mars. Le 13 février, le préfet de police de Berlin Traugott von Jagow interdit les rassemblements en pleine air. Il annonce par voie d'affichage: "Est prononcé le droit à la rue. La rue sert seulement à la circulation. En cas de résistance contre les pouvoirs publics est fait usage des armes. Je mets en garde les curieux." [Citation dans l'original ] Des manifestations massives ont néanmoins lieu, et en avril l'interdiction est levée.

IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Reihe 1 - Band 4 - März 1889‑Juli 1914, S. 304 (Bibliographie )

H. Wilderotter: Das Haus der Abgeordneten - Ein Denkmal preußischer Geschichte in der Mitte Berlins, S. 36 (Bibliographie )

[124]. Le 16 avril 1928, le ministre de l'Intérieur Walter von Keudell (DNVP) demande aux gouvernements régionaux d'interdire le RFB. Mais ceux-ci, dans le contexte de la campagne électorale en cours à l'époque, jugent peu opportune une telle initiative. Ils s'adressent à la Cour suprême [Reichsgericht] qui, le 2 mai, statue qu'il n'y a pas de base juridique pour une interdiction globale du RFB au niveau national.

Th. Kurz: "Blutmai", S. 69 (Bibliographie )

H. Dünow: Der Rote Frontkämpferbund: die revolutionäre Schutz- und Wehrorganisation des deutschen Proletariats in der Weimarer Republik, S. 82 (Bibliographie )

[125]. H. Weber: Die Stalinisierung der KPD in der Weimarer Republik - Band 2, S. 13 (Bibliographie )

[126]. Cf. plus haut, la note au sujet de Felix Schmidt.

[127]. http://www.ubbo-emmius-gesellschaft.de/seeleute.pdf

[128]W. Müller: Ziele und Grenzen der "Revolutionären Gewerkschafts-Opposition" (RGO) in Deutschland 1928 bis 1933, S. 51 (Bibliographie )

[129]Dokumente und Analysen zur kommunistischen Arbeiterbewegung - Band 1, S. 195 (Bibliographie )

[130]. Kommunistischen Internationale - Exekutivkomitee - Neuntes Plenum (9.‑25. Februar 1928) - Resolutionen und Beschlüsse, S. 13 (Bibliographie )

[131]. Kommunistischen Internationale - Sechster Weltkongress (17. Juli - 1. September 1928) - Thesen, Resolutionen, Programm, Statuten, S. 29 (Bibliographie )

Internationale Communiste - Sixième congrès (17 juillet - 1er septembre 1928) - Thèses et résolutions (Bibliographie )

[132]. http://ciml.250x.com/rilu/archive/archive_german/rgi_1929_strassburger_konferenz_streikstrategie.html

Dokumente und Analysen zur kommunistischen Arbeiterbewegung - Band 5, S. 101 (Bibliographie )

[133]Kommunistischen Internationale - Exekutivkomitee - Zehntes Plenum (3.‑19. Juli 1929) , S. 913 (Bibliographie )

[134]. W. Müller: Ziele und Grenzen der "Revolutionären Gewerkschafts-Opposition"..., S. 88 (Bibliographie )

[135]. W. Müller: Ziele und Grenzen der "Revolutionären Gewerkschafts-Opposition"..., S. 106 (Bibliographie )

L. Heer‑Kleinert: Die Gewerkschaftspolitik der KPD in der Weimarer Republik, S. 356 (Bibliographie )

http://library.fes.de/gmh/main/pdf-files/gmh/1979/1979-08-a-509.pdf

[136]. L. Heer‑Kleinert: Die Gewerkschaftspolitik der KPD..., S. 356 (Bibliographie )

[137]. http://www.ubbo-emmius-gesellschaft.de/seeleute.pdf

[138]. http://www.vvn-bda-re.de/pdf/AlbertFunk.pdf.

H.‑H. Hartwich: Arbeitsmarkt, Verbände und Staat 1918‑1933, S. 176 (Bibliographie )

[139]. http://www.ubbo-emmius-gesellschaft.de/seeleute.pdf

[140]. http://www.bundesarchiv.de/aktenreichskanzlei/1919-1933/0010/bru/bru1p/kap1_1/para2_3.html

http://www.glasnost.de/hist/wr/weimar.html

H. A. Winkler: Weimar 1918‑1933, S. 377 (Bibliographie )

Décrets d'urgence du président du Reich:

http://alex.onb.ac.at/cgi-content/anno-plus?apm=0&aid=dra&datum=19300004&seite=00000207 et suiv.

http://alex.onb.ac.at/cgi-content/anno-plus?apm=0&aid=dra&datum=19300004&seite=00000212 et suiv.

Présentation des décrets:

http://www.reichstagsprotokolle.de/Blatt2_w4_bsb00000112_01271.html

Motion d'annulation des décrets:

http://www.reichstagsprotokolle.de/Blatt2_w4_bsb00000127_00974.html

http://www.reichstagsprotokolle.de/Blatt2_w4_bsb00000127_00978.html

Motions de censure:

http://www.reichstagsprotokolle.de/Blatt2_w4_bsb00000127_00973.html

http://www.reichstagsprotokolle.de/Blatt2_w4_bsb00000127_00977.html

Retrait provisoire des motions de censure:

http://www.reichstagsprotokolle.de/Blatt2_w4_bsb00000112_01308.html et suiv.

Vote sur l'annulation des décrets:

http://www.reichstagsprotokolle.de/Blatt2_w4_bsb00000112_01309.html

Résultat du vote:

http://www.reichstagsprotokolle.de/Blatt2_w4_bsb00000112_01310.html et suiv.

Décret d'annulation des décrets:

http://www.documentarchiv.de/wr/1930/aufhebung-verordnungen-reichspraesident_vo.html

Lecture du décret de dissolution:

http://www.reichstagsprotokolle.de/Blatt2_w4_bsb00000112_01309.html

Décret de dissolution du Reichstag

http://www.reichstagsprotokolle.de/Blatt2_w4_bsb00000127_01028.html

http://www.documentarchiv.de/wr/1930/aufloesung-reichstag-reichspraesident_vo.html

Décret sur les nouvelles élections:

http://www.documentarchiv.de/wr/1930/neuwahl-reichstag_vo.html

[141]. Chronologie  .

[142]Voir à ce sujet les démarches des députés communistes au Reichstag:

Le 18 octobre 1930:

http://www.reichstagsprotokolle.de/Blatt2_w5_bsb00000128_00131.html

http://www.reichstagsprotokolle.de/Blatt2_w5_bsb00000132_01025.html

Le 6 décembre 1930:

http://www.reichstagsprotokolle.de/Blatt2_w5_bsb00000128_00440.html

Le 5 février 1931:

http://www.reichstagsprotokolle.de/Blatt2_w5_bsb00000133_00788.html

[143]. Chronologie .

[144]. Chronologie .

[145]. http://www.brangsch.de/projekt3/gesch2.htm

[146]. http://www.historisches-lexikon-bayerns.de/artikel/artikel_44734

[147]. IML beim ZK der SED (Hg.): Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Band 4, S. 344 (Bibliographie )

H. Niemann (Hg.): Geschichte der deutschen Sozialdemokratie..., S. 285 (Bibliographie )

[148]IML beim ZK der SED (Hg.): Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Band 4, S. 288-289 (Bibliographie )

[149]. H. Weber: Die Kommunistische Internationale, S. 371 (Bibliographie )

J. T. Degras (Ed.): The Communist International, 1919-1943 - Documents - Volume 3 - 1929‑1943, p. 483 (Bibliographie )

H. Schumacher: Die Kommunistische Internationale (1919-1943) - Grundzüge ihres Kampfes für Frieden, Demokratie, nationale Befreiung und Sozialismus (Bibliographie )

H. Weber: Hauptfeind Sozialdemokratie - Strategie und Taktik der KPD 1929‑1933, S. 89 (Bibliographie )