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Georgi Dimitrov

Intervention à la réunion du secrétariat du
Comité exécutif de l'Internationale communiste
concernant la question espagnole
(extraits)

18 septembre 1936

 

 

Source:

Beiträge zur Geschichte der Arbeiterbewegung, Institut für Marxismus-Leninismus beim Zentralkomitee der Sozialistischen Einheitspartei Deutschlands (Éd), 14e année, numéro 3, Berlin, Dietz Verlag, 1972, p. 459 [1].

Le document en allemand 

 

 

 

 

 

 

 

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Le KPD 1918‑1945 - Sommaire

 

 

 

 

 

 

[...][2] L'élément nouveau en rapport avec la réalisation de la politique de front populaire est celui dont nous avons déjà parlé au VIIe Congrès. Ce que nous constatons de nouveau dans la situation internationale, dans le système général du capitalisme et au sein du mouvement ouvrier au cours des dernières années, se reflétera aussi dans notre pratique et devra ensuite trouver ‑ et trouvera ‑ un reflet dans le développement ultérieur, et nécessite une élaboration théorique. Dans les conditions de l'existence de l'État soviétique, où le socialisme victorieux couvre un sixième du globe, et face à la domination du fascisme dans de grands États tels que l'Allemagne et l'Italie, la question ne se pose déjà plus ainsi: capitalisme ou socialisme, État soviétique ou dictature fasciste. La question de l'État bourgeois-démocratique ne se pose pas maintenant comme auparavant. Le peuple espagnol combat et, à l'étape actuelle, il doit arracher la victoire, l'instauration de la république démocratique. Ce ne sera pas l'ancienne république démocratique, comme par exemple l'américaine, ce ne sera pas la république française et pas non plus la république de la Suisse. À l'étape de transition actuelle des conditions internationales, étant donné l'existence de l'État soviétique et de la démocratie soviétique d'un côté et des États de démocratie bourgeoise, tels qu'en Angleterre et en Amérique, et l'existence de la dictature fasciste, cette république sera un État particulier avec une démocratie populaire véritable. Ce ne sera pas encore un État soviétique mais un État antifasciste orienté à gauche auquel participera la partie orientée véritablement à gauche de la bourgeoisie. Nous ne devons pas être victime des thèses anciennes de la social-démocratie valables il y a 20‑30 ans, selon lesquelles l'existence d'une telle république démocratique serait impossible; nous ne devons pas dire ou bien ‑ ou bien, mais aussi bien ‑ que. C'est cela qu'il s'agit de comprendre. L'État soviétique, la démocratie soviétique en tant qu'exemple, et dans l'étape de transition actuelle un tel État démocratique dans lequel le front populaire ait l'influence décisive et subsiste encore le système bourgeois. Ici se pose la question de l'organisation de la production en l'absence de l'abolition définitive de la propriété privée capitaliste. L'organisation de la production sous participation et contrôle de la classe ouvrière et de ses alliés dans la lutte contre le fascisme, c'est-à-dire de la petite-bourgeoisie et de la paysannerie. Théoriquement, pour être exact, on devrait peut-être désigner cela comme une forme particulière de la dictature démocratique de la classe ouvrière et de la paysannerie à l'étape actuelle. C'est cela qu'on doit faire ressortir, et ne pas parler par contre de l'élimination des propriétaires fonciers et, encore moins parler de l'élimination des industriels en tant que classe, etc. Cela, vous devez l'expliquer infatigablement parce que, à mon avis, ce qui se passe actuellement en Espagne peut arriver demain ou après-demain, dans la période la plus proche, dans d'autres pays aussi, en France, en Belgique et peut-être aux Pays-Bas. Si c'est ainsi ‑ et je pense que c'est ainsi ‑, alors notre Parti et nos représentants du Parti réagir selon tout cela, afin que ne soit admise aucune attitude outrancière qui nuiraient à la révolution et aideraient le fascisme [...] Je comprends les états d'esprit qui sont présents dans le pays. Et voilà que quelques-uns vont jusqu'à poser comme tâche l'organisation d'unités d'économie collectiviste. Mais ce ne sont pas de paysans ordinaires. Ce sont des travailleurs agricoles qui veulent le travail collectif de la terre. C'est une attitude outrancière [...] C'est une dérive par rapport à l'étape du développement plus en avant de la lutte contre l'ennemi commun. Je ne veux pas entrer plus dans les détails au sujet de toutes ces questions. Il me semble qu'il faut les soumettre à une réflexion approfondie, parce que ce problème se pose à l'Internationale communiste aussi bien théoriquement que politiquement. De cela dépendra la victoire sur le fascisme.

 

 

 

 

 



[1]. Traduit de l'allemand par nous.

[2]. Nous donnons ici la traduction de l'intégralité du texte tel qu'il a été publié en Allemand. Les omissions proviennent de la source utilisée.